Damiss présente «Blaise Compaoré, de l’ascension à la descension»

251 4

Le journaliste burkinabè Adama Ouédraogo dit « Damiss » a présenté ce 5 août 2016, son ouvrage « Blaise Compaoré : de l’ascension à la descension». Une photographie écrite des 27 ans de pouvoir de l’ancien président Blaise Compaoré, où se mêlent histoire et journalisme.

Dans la salle de conférences du Centre national des archives nationales à Ouagadougou, ce 5 août 2016, des visages connus de la presse nationale : le « vieux » Edouard Ouédraogo comme l’appellent affectueusement ses « enfants » et employés de L’Observateur Paalga, Rabankhi  Zida, directeur général des Editions Sidwaya (parrain de la dédicace) et de nombreux journalistes.

Des acteurs du monde politique aussi. Le Général Honoré Nabéré Traoré, assez méconnaissable sans sa tenue kaki et ses galons, Ablassé Ouédraogo, président du parti Le Faso Autrement avec sa chéchia et son inséparable sourire, Rasmané Ouédraogo, président de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA). Tous sont là pour assister à la dédicace du livre d’Adama Ouédraogo, plus connu sous le surnom de « Damiss » que de nombreux yeux de lecteurs ont lu au bas d’articles publiés dans les colonnes de L’Observateur Paalga.

« Blaise Compaoré : De l’ascension à la descension ». Tel est le titre de ce bouquin qui se veut une restitution des faits et des acteurs qui ont animé la vie politique burkinabè du 15 octobre 1987 au 31 octobre 2014. Il répond à trois questions fondamentales : « Comment le jeune capitaine Compaoré a-t-il réussi à renverser le charismatique Thomas Sankara ? », comme le dit le présentateur du livre, Boubacar Dao. Comment a-t-il pu  se maintenir au pouvoir aussi longtemps et pourquoi en est-il « descendu » aussi brutalement ?

De l’avis des premiers lecteurs de ce livre (disponible à L’Obs, à Sidwaya et dans les librairies), « belle facture » et « effort d’objectivité » sont des notes méritoires.  « J’ai été le ministre des affaires étrangères du président Compaoré et la description qu’il a faite de cet homme reflète la réalité. Ça veut dire qu’il est honnête, il est objectif dans son jugement. Et je tenais à le mentionner publiquement », a témoigné Ablassé Ouédraogo, le président du parti Le Faso Autrement.

De la MACA à la MACA

La couverture du livre - © Burkina24
La couverture du livre – © Burkina24

Cependant, cet ouvrage a failli ne pas voir le jour. Pour mémoire, Damiss a été arrêté et incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA), du 14 décembre 2015 au 5 février 2016, pour son implication présumée dans le putsch du 16 septembre 2015.

La moitié du préface du livre, rédigé par Newton Ahmed Barry, ancien rédacteur en chef de l’Evènement et aujourd’hui Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), y est consacrée. « Dans cette première aventure dans l’œuvre d’écrire, l’auteur a failli perdre ce qui est le souffle de la création intellectuelle : la liberté. Et plus grave, la vie », écrit le journaliste d’investigation qui révèle, qu’asthmatique, Damiss a failli trépasser dans sa cellule, n’eut été la veille de ses codétenus (dont Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré) et la fermeté du médecin militaire qui a exigé sa libération.

Sans entrer dans les détails, Ahmed Barry a aussi effleuré la raison fondamentale pour laquelle l’auteur a dû goûter aux saveurs de la prison : la proximité avec la source d’information pour pouvoir informer. « Comment informer le citoyen sur le putsch du 17 septembre si la présence à Kossyam, en cette nuit de putsch manqué, est en soi une présomption de collusion, même pour le journaliste ? », s’interroge le préfacier.

Avant de terminer avec cette image : « Comme les envies de la femme enceinte, la curiosité de l’écrivain, même mal placée, doit être excusée. Celle de Damiss lui vaut une inculpation avec des chefs d’accusation très lourds ». De cet épisode à la prison, Damiss n’a eu que cette phrase: “Merci à mes anciens codétenus de la MACA venus nombreux me soutenir comme ils le faisaient lorsque j’étais souffrant”.

Qu’à cela ne tienne. Si le journaliste et enseignant en communication des entreprises et en droit de la communication,  doit aller en prison, est convaincu Boubacar Dao, ce sera « à la MACA, la Maison d’accueil et de certification des auteurs ! ».

Abdou ZOURE

Burkina24

Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article du même genre