Crise post-électorale : Vers la fin du « scandale de Saponé » ?

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Le 25 juillet 2016, des conseillers de l’UPC et du CDP se considéraient « trahis » par le MPP et refusaient de siéger au Conseil municipal. Ils estimaient que seul le nouveau maire avait la solution en rendant sa démission. Le Secrétaire d’Etat chargé de la décentralisation, Alfred Gouba, était à Saponé ce mardi 9 août 2016. Il a invité les différents protagonistes au bon sens, à taire les divergences et à avoir pour seul souci l’intérêt supérieur et le développement de Saponé. Le message du représentant de Simon Compaoré semble être passé.

Le candidat du MPP, Idrissa Ouédraogo, considéré comme le plus âgé, avait remporté le poste de maire au détriment de celui de l’UPC considéré comme moins âgé de 5 ans. Ceci conformément aux dispositions de l’article 253 du Code électoral. Le poste de 2e adjoint au maire et un poste de conseiller régional ont été attribués à l’Opposition. Avec ses 39 conseillers, l’opposition veut plus. Elle estime que si le MPP a 51 postes, elle doit en avoir 49.

D’ailleurs, pour l’Opposition, c’est le candidat du MPP qui a scellé l’entente selon laquelle « chaque parti briguera le poste de maire ». Mais que nenni.

Une vue des participants à la rencontre qui a duré environ 2 heures. (© DCPM MATDSI)
Une vue des participants à la rencontre qui a duré environ 2 heures. (© DCPM MATDSI)

Les conseillers UPC/CDP ont donc refusé de siéger au Conseil municipal et ont demandé notamment la démission pure et simple de Idrissa Ouédraogo. Beaucoup pensaient déjà à des portes de sortie de crise dont une démission de tout le Conseil ou des individus. Et là, Saponé risquait fort de basculer dans la Délégation spéciale.

Le « scandale de Saponé », c’est au fait ce malentendu qui perdure autour de la mise en place du bureau du Conseil municipal. Le nœud du problème résiderait toujours dans le partage des postes notamment celui du 1er adjoint au maire réclamé par l’Opposition, selon Kouliga Nikièma, secrétaire général de la sous-section UPC de Saponé qui reconnaît par ailleurs avoir été “naïf“.

Après avoir connu de nombreux rebondissements, le « scandale de Saponé » semble tirer vers sa fin. « Il faut taire les divergences politiques et s’attaquer aux chantiers de développement de la commune de Saponé », a lancé ce 9 août 2016, le Secrétaire d’Etat chargé de la décentralisation, Alfred Gouba.

Kouliga Nikièma, Secrétaire général de la Sous-section UPC de Saponé. (© DCPM MATDSI)
Kouliga Nikièma, Secrétaire général de la Sous-section UPC de Saponé. (© DCPM MATDSI)

Pour le représentant du ministre d’Etat, Simon Compaoré, « Il y a un petit problème au niveau de l’organe exécutif… Nous sommes venus pour essayer de renouer le dialogue entre les deux parties.

Je crois qu’à l’issue des échanges, l’assurance nous a été donnée qu’un terrain d’entente sera trouvé et que les choses pourront évoluer de façon normale ».

Il ne leur a pas donné un délai mais leur a demandé « de le faire le plus rapidement possible » parce que, selon lui, « on est en train d’évoluer, d’avancer.

Il faut que les gens travaillent, que les exécutifs locaux se mettent à la tâche ».

A écouter le nouveau maire de Saponé, Idrissa Ouédraogo, « il ne s’agit pas d’un problème de droit, mais d’un problème politique ». Ces rencontres, selon lui, aideront vraiment à recentrer le débat sur les questions essentielles même s’ils qualifient ce scandale de « calculs politiques de politiciens qui n’ont pas marché ».

« Nous remercions du fond du cœur, le MATDSI d’être venu à notre secours. Nous implorons le Tout Puissant, pour qu’il apaise les cœurs des uns et des autres, afin qu’ils se pardonnent pour l’intérêt général de notre Commune. Plaise à Dieu, ils vont s’entendre et Saponé ne va pas basculer dans la délégation spéciale », a indiqué le Baguem Nini Naaba Karfo au nom des notabilités coutumières.

Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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