Recomptage des voix: Jean Ping parle de la spécificité ivoirienne

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Donné perdant à la dernière présidentielle gabonaise du 27 août 2016 par la commission électorale gabonaise, l’opposant Jean Ping a réclamé un recomptage des voix. Au cours d’une interview accordée à “Oeil d’Afrique” ce samedi 10 août, il a tenté d’éclairer les opinions sur le contexte ivoirien dans lequel l’on se souvient, le recomptage des voix avait été refusé à Laurent Gbagbo face à son rival, l’actuel président Alassane Ouattara, par les Nations Unies, la Cedeao et l’Union Africaine dont Ping assurait la présidence de la commission. 

«Concernant le cas Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire (il faut noter que) l’Union africaine n’est pas une institution supranationale, c’est-à-dire une organisation dont les décisions sont au-dessus des lois des Etats membres…Elle est dirigée par un chef d’Etat en exercice et la Commission de l’UA ne fait qu’exécuter les décisions des chefs d’Etat », a tranché Jean Ping.

Il est revenu sur le processus de validation des résultats de la présidentielle ivoirienne de novembre 2010, expliquant que les Nations Unies étaient en charge de la supervision officielle de ces élections et ses résolutions s’imposaient aux Etats. C’est l’ONU qui a « reconnu que c’est Ouattara qui a gagné les élections avant que tout le monde à savoir la Cedeao, l’Union Africaine et la France» se mette dans la danse, a-t-il ajouté.

L’Union africaine, « au niveau des chefs d’État a emboité le pas à la Cedeao pour reconnaître que c’est Ouattara qui a gagné les élections, à partir de là, la chose qu’il convenait de faire c’est de garantir la paix », a expliqué l’opposant gabonais.

Pour Jean Ping, la solution de l’Union Africaine est salutaire. « Ce que nous avons fait, c’est de trouver une porte de sortie à tout le monde et qu’est-ce qu’il y a d’erroné dans ça,   qu’est-ce que vous reprochez à la Commission de l’UA », a-t-il poursuivi.

La réaction du parti de Laurent Gbagbo à Abidjan

A la signature de la pétition internationale pour la libération de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, incarcéré à la Haye pour crime contre l’humanité, Pascal Affi Nguessan, l’un des chef de son parti à ce jour morcelé, a déclaré ceci:  « la crise postélectorale gabonaise nous montre que Gbagbo avait raison, pourquoi continuer à le maintenir en détention si la communauté internationale s’est trompée », a-t-il exprimé.

Samedi, Pascal Affi Nguessan, le chef du parti de Gbagbo, a appelé à la libération de l’ex-président ivoirien, soutenant que si l’option de recomptage des voix est un moyen de transparence, alors Laurent Gbagbo qui avait demandé cela avait raison.

Les résultats provisoires du scrutin présidentiel au Gabon ont déclaré le 31 août dernier le président sortant Ali Bongo Ondimba, vainqueur avec 49,80% des voix devant son principal rival Jean Ping qui a obtenu 48,23%. Des violences ont éclaté après l’annonce de ces résultats du fait de soupçons de fraudes par le parti au pouvoir.

Jean Ping a alors déposé le  jeudi 08 septembre dernier un recours devant la Cour constitutionnelle.

A cet effet, l’Association des Juristes Africains (AJA) a demandé au Président de l’Union africaine dans une déclaration datant du dimanche 11 septembre, de prendre toutes les dispositions idoines permettant “un recomptage des votes par la Cour Constitutionnelle avec le maximum de garantie de transparence et d’objectivité”.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : Oeil d’Afrique



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