Dossier de l’insurrection populaire : « Zida n’a pas répondu » aux convocations (Procureur)

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L’état du traitement judiciaire des dossiers liés à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et des journées des 1er et 2 novembre 2014 ont été la substance de la conférence presse organisée par le Procureur du Faso ce mercredi 14 septembre 2016.

Sur les évènements qui ont secoué le Burkina en fin octobre et début novembre 2014, à la fin des enquêtes et après réception des procès-verbaux, le Tribunal de grande Instance de Ouagadougou a saisi par différents réquisitoires introductifs, six des cabinets d’instruction de sa juridiction pour des poursuites contre X pour les chefs suivants : « assassinat et meurtre pour certains et recherche de cause de la mort pour d’autres ».

Mais au cours de l’instruction, note le Procureur du Faso près le Tribunal militaire de Ouagadougou, Maïza Sérémé, « les juges ont été confrontés à des difficultés ». Celles-ci sont relatives, entre autres, à la disposition et à l’occupation des différents postes et sites par les forces de maintien de l’ordre, à l’identification des responsables de chaque unité.

…et même d’identifier certains auteurs qui ont eu à tirer sur des gens

Aussi, poursuit le procureur, il y a des difficultés liées à l’identification et l’adresse des victimes blessées, l’obtention des certificats médicaux et des actes de décès, la non-comparution de certaines personnes convoquées et la coopération peu efficace ou difficile avec certaines autorités.

Outre ces difficultés annoncées, Maïza Sérémé a informé qu’à ce jour, aucune inculpation n’est faite. Les juges d’instruction « ont pu auditionner certains témoins et certaines victimes. Mais maintenant, pour identifier les auteurs, là était toute la difficulté. Parce qu’il n’y avait de la collaboration ni de la coopération  avec les autorités de la place », informe-t-elle.

Mais grâce à la commission d’enquête, les juges d’instruction « ont eu plus d’informations. Ce qui a permis de connaitre la position de chaque unité dans la ville de Ouagadougou et même d’identifier certains auteurs qui ont eu à tirer sur des gens ». Ainsi, au fil du temps, les juges d’instruction pourront procéder à des interpellations.

il va répondre devant le juge d’instruction et peut-être devant la Haute cour de justice

Est-ce que Isaac Zida a été entendu dans le cadre de l’enquête sur les évènements d’octobre et novembre 2014 ? « Non », a répondu Maïza Sérémé. « La commission est passée par le ministre de la défense, elle n’a pas pu l’entendre, poursuit-elle. Par sa boite mail, elle n’a pas pu l’entendre. Par convocation par voie d’huissier, le général Zida n’a pas répondu »

Mais avec le rapport de la commission d’enquête qui a été transmis au Tribunal de grande instance de Ouagadougou et qui situe les responsabilités, par rapport au général Zida, lors des évènements des 30 et 31 octobre (2014), il était le chef des opérations du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

« C’est dire, indique Maïza Sérémé, que c’est lui qui menait les opérations, c’est lui qui était le chef de corps adjoint et qui donnait les instructions au RSP. A partir du 2 novembre (2014) où il y a eu encore des tueries et des blessés, Isaac Zida était chef de l’Etat. S’il doit répondre, il va répondre devant le juge d’instruction et peut-être devant la Haute cour de justice si sa responsabilité doit être engagée”. 

Ignace Ismaël NABOLE 

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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