Abbé Richard Bambara : «Si on cherche un musicien qui fait du coupé décalé, ce ne sera pas au Burkina »

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Richard Bambara est prêtre à la paroisse sainte Trinité de Zagtouli mais sa passion pour la musique depuis son enfance ne l’a pas quitté. En effet, sa première sortie discographique, un album de 14 titres intitulé « Il est vivant », a vu le jour ce jeudi 15 septembre 2016 à Ouagadougou.

L’Abbé Richard Bambara a un intérêt particulier pour la musique et ce, depuis son enfance. Il a même participé aux premières rencontres pour le choix des « Petits chanteurs aux poings levés » sous la révolution de 1987. Mais cela coïncidait avec son admission au petit séminaire. Il a fait alors le choix d’aller au séminaire convaincu que même là, il pouvait poursuivre son rêve.

Sa formation de prêtre a été jalonnée en parallèle avec sa formation musicale. Dès le petit séminaire, il retrouve donc la musique en jouant au piano, à la guitare et à la percussion pour accompagner les messes.

Au grand séminaire, il composait des chants pour la radio Avé Maria qui manquait de chants religieux. Après son ordination, il revient au petit  séminaire en tant que professeur de chant et chargé de la chorale.

Ses performances lui ont valu une invitation en Allemagne comme maître de chant pour un séminaire à l’Institut Goethe, de diriger la chorale de Prétoriat d’Afrique du sud, de participer avec sa chorale de Pabré à l’ouverture de la journée mondiale de la jeunesse à Bohn et bien d’autres  concerts.

Convaincu que la musique est un moyen efficace d’évangélisation des jeunes, d’où le thème de son mémoire « Musique et évangélisation des

Abbé Richard Bambara
Abbé Richard Bambara

jeunes », l’Abbé Richard explique que « la musique est pour moi un moyen d’enseigner, d’éveiller les consciences, de communiquer  facilement et d’annoncer l’évangile. Si vous dites un discours et que les gens ne vous comprennent pas, mettez-le en chanson, on vous écoutera ».

Cependant, il précise que les chansons de son album ne sont pas pour des liturgies. C’est, dit-il, pour « l’animation en dehors de l’Eglise car l’objectif ici est de permettre aux gens à l’extérieur de l’église de prendre le relais et de continuer les enseignements de Dieu ».

Pour toucher le maximum de personnes et ce, sans distinction de religion, le Père Richard se positionne comme un artiste qui a des messages à faire passer à la société. A travers des titres tels que «Buud saoga », « Bayiri » empreints des rythmes du terroir Bissa, Moaga et Gourounsi, il invite les fils du pays à ne pas abandonner la mère patrie et leur culture.

Sur ce point il dira ceci :  «Si on cherche un musicien qui fait du coupé décalé, on ne cherchera pas au Burkina mais si on cherche un artiste qui fait du Warba, c’est sûr qu’on n’ira pas chercher cette personne au Congo mais au Burkina. Je pense que c’est parce que nous ne valorisons assez notre musique qu’elle ne s’exporte pas ».

A la suite de la présentation de cet album de 14 titres de thèmes et de rythmiques variés, il est prévu un concert live au palais de la culture de Ouagadougou Jean-Pierre Guingané, le 24 septembre 2016 et l’Abbé Richard d’inviter tous les chrétiens ou non à effectuer le déplacement, car « tout le monde y trouvera son compte », a –t-il promis.

Revelyn SOME

Burkina 24

 

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