Mémorial Thomas Sankara : “Le soutien du gouvernement ne saurait être une diversion”

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La cérémonie de lancement du projet d’érection d’un mémorial en hommage à l’ancien président Thomas Sankara est prévue pour le 2 octobre 2016. Le comité de réflexion du projet a animé une conférence de presse ce jeudi 22 septembre  2016 à Ouagadougou pour annoncer les activités.

Un symposium international est prévu pour réunir près de 4 000 jeunes d’ici et d’ailleurs sous le thème «Transmission du flambeau de la révolution à la jeunesse». L’objectif visé par ce symposium selon les organisateurs est de « tracer les  lignes pour la conception et la rédaction d’une pensée politique sankariste». Deux thématiques animées par 8 panélistes notamment permettront de dégager cette pensée: «Qu’est-ce que l’idéal Sankara? », «Sankara et l’indépendance économique de l’Afrique».

Afin d’exiger toujours la justice pour Thomas Sankara et toutes les victimes du 15-Octobre, une marche populaire est prévue à la suite du symposium.

Une assemblée générale constitutive présidée par l’ancien président ghanéen Jerry John Rawlings permettra de mettre en place les structures de pilotage du projet. Ce sont le comité d’orientation, le comité exécutif et le comité consultatif.

Un concert musical à la place de la Révolution de Ouagadougou afin de lancer un appel aux héritiers de Sankara pour une mobilisation populaire autour du projet est aussi au programme. De grands noms sont annoncés pour l’occasion : Tiken Jah Fakoly,  Didier Awadi, Naftaly, entre autres.

« Tout le monde est associé, tout le monde est invité», lance Sams’K Le Jah, membre du comité, à toutes les couches de la société.

Du soutien du gouvernement

Mais « Le projet est piloté par la société civile »,  précise-t-il. Parlant du soutien du gouvernement dont certains membres seraient soupçonnés d’être impliqués dans le dossier Sankara, il laisse entendre que cela ne peut occulter la justice. « Le mémorial est un devoir de   mémoire, de faire revivre Sankara dans les esprits ». Mieux « le mémorial constitue d’abord une justice morale » et sera un prétexte pour eux pour mettre la pression pour qu’il y ait justice. D’ailleurs, ajoute-t-il « un point sur l’avancement du dossier Thomas Sankara en justice sera fait le jour du symposium ».

«La justice est toujours en cours. Le soutien du gouvernement ne saurait être une diversion. Si la justice se prononce sur le dossier Sankara et qu’un membre du gouvernement est cité, il ira en prison», ajoute  Kambou Ollo Mathias, l’un des membres du comité de réflexion.

Et au ministre de la culture Tahirou Barry de renchérir en déclarant que le soutien du gouvernement n’est pas une volonté d’aliénation de l’indépendance du comité.

 « Il faut que cela soit très clair. Si le gouvernement n’avait pas manifesté son soutien à une telle initiative, je parie qu’ils allaient être nombreux, ceux qui allaient crier au scandale », dit-il.

Le choix du comité a porté sur le conseil de l’entente, lieu où le père de la révolution a perdu la vie pour abriter le grand mémorial.

Pour Abdul Salam Kaboré, président du comité de réflexion et ministre de la santé sous Thomas Sankara,  “c’est un lieu qui convient bien à l’érection du mémorial ».  «Nous y avons passé le plus clair du temps là-bas depuis les premiers jours de la révolution. C’est là-bas que Sankara tenait ses audiences, c’est là qu’il travaillait, il faisait son sport et c’est au conseil qu’il a perdu la vie. Nous pensons que c’est un lieu sacré », dit-il.

L’évènement coûtera 40 millions F CFA au comité.

Revelyn SOME

Burkina 24

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