Burkina : Soumane Touré insiste pour le départ du MPP

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Le Parti de l’indépendance, du travail et de la justice (PITJ) a ouvert ce samedi 1er octobre 2016, son congrès ordinaire. Mais indique son président Soumane Touré, « ce n’est pas le premier congrès ordinaire d’un nouveau parti. Il s’agit de l’ancien PAI qui a décidé de prolonger son existence sous l’appellation PITJ ».

Ce congrès ordinaire selon le président du parti, Soumane Touré est un congrès d’administration normale « qui devrait faire l’analyse de la situation du parti, de la situation nationale et préciser la stratégie et les tactiques de la lutte pour les 5 ans à venir ».

De la situation nationale, le PITJ s’est tout d’abord attaqué au communiqué du ministre de l’Administration territoriale sur la suspension de partis politiques qui ne seraient pas à jour par rapport à leurs propres textes. Pour Soumane Touré, « ce serait violer les droits des citoyens ». Aussi dit-il, « le MATDSI dirigé par Simon Compaoré n’a ni droit, ni autorité à dissoudre ou suspendre les partis qui ne sont pas à jour de leurs statuts ».

« En quoi le CDP, l’UPC, l’ADF/RDA ont-ils été plus grandement utiles à l’ancrage de la démocratie que le RPN de Harouna Dicko ? »

Toujours dans le volet des partis politiques, le PITJ a dénoncé la loi portant financement des partis politiques. Selon le parti, « Roch Marc Christian Kaboré, alors président de l’Assemblée nationale et tous les groupes parlementaires ont initié et adopté (cette loi) en 2009 pour détourner le financement au profit d’à peine cinq partis politiques ».

Le financement doit être réparti de façon équitable. « En quoi le CDP, l’UPC, l’ADF/RDA ont-ils été plus grandement utiles à l’ancrage de la démocratie que le RPN de Harouna Dicko ? », s’interroge Soumane Touré.

En sus des financements des partis politiques, le PITJ a également appelé à l’abrogation de la loi portant chef de file de l’opposition politique au Burkina (CFOP). Le parti le considère comme une « mesure d’embrigadement » en parquant les partis dans deux enclos,  Majorité et Opposition. La vie des partis politiques, explique Soumane Touré, va au-delà, chacun ayant son projet de société.

« L’introduction de ces candidatures sous la Transition découle de fantasmes de dirigeants d’OSC, qui se sont enrichis dans l’escroquerie à l’humanitaire »

Dans son élan de dénonciation, le PITJ dit rejeter les candidatures indépendantes, car explique le président du PITJ, la Constitution ne reconnait qu’aux seuls partis politiques le droit de concourir à l’expression des suffrages. Pour lui, « l’introduction de ces candidatures sous la Transition découle de fantasmes de dirigeants d’OSC, qui se sont enrichis dans l’escroquerie à l’humanitaire ».

Revenant sur l’un de ses multiples appels depuis « la démission de Blaise Compaoré », celui de la désobéissance civile, le parti de Soumane Touré a encore appelé à « balayer » le MPP, « véritable association de malfaiteurs et de criminels. Le PITJ n’a pas peur de le réaffirmer », insiste-t-il. « Il faut les balayer pour renouer avec une vie constitutionnelle normale », poursuit le président du PITJ.

Soumane Touré : « La police municipale peut procéder à l’arrestation de ces malfaiteurs du MPP »

« C’est les forces de défense et de sécurité qui, par leurs coups d’Etat successifs après le départ de Blaise Compaoré, sont à la base de déraillement de notre processus démocratique. Il est donc de leur responsabilité de procéder à ce balayage, de sécuriser le pays pour permettre l’instauration d’une Transition vraie.

Ce n’est quand même pas au-dessus de leurs forces ? La Police municipale à elle seule peut procéder à l’arrestation de ces malfaiteurs et criminels du MPP. Il suffit d’enlever le dispositif de sécurité qu’il y a autour d’eux et d’envoyer la police municipale avec des matraques pour arrêter ces criminels. Si on procède ainsi, peut-être qu’ils recevront quelques coups de matraques, mais personne ne sera blessé et il ne sera tiré aucun coup de feu dans notre pays ».

Extrait du discours de Soumane Touré, le samedi 1er octobre 2016

Se défendant d’appeler à un coup d’Etat, Soumane Touré dit n’avoir pas l’intention d’inciter l’armée à prendre le pourvoir, mais à réaliser les conditions pour que, affirme-t-il, « notre peuple puisse reprendre sa marche vers la démocratie, la construction d’un Etat de droit véritable et le progrès ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

 

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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