Situation au Burkina : « Donnons-nous tous la main pour faire barrage à tout cela » (Ido de l’UPC)

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La relance économique est au cœur des deuxièmes journées parlementaires de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) qui se tiennent du 06 au 07 octobre 2016. Tous les intervenants issus des autres groupes parlementaires ont dépeint une situation économique préoccupante qui se traduit au quotidien dans le panier de la ménagère.  Face à « la morosité » de l’économie, le principal parti d’opposition s’interroge sur les « perspectives de relance économique dans un contexte post-insurrectionnel au Burkina Faso ».

Issa Barry, représentant du groupe parlementaire Burkind’lim, a ouvert le bal. Lui attend « des propositions pertinentes », parce qu’au-delà des questions politiques, c’est aussi la vie de la nation dont il est question face à « la morosité » de l’économie.

Nimayé Nabié,  du MPP a apprécié le thème des journées parlementaires qu’il trouve « évocateur ». C’est « mû » par la volonté de sortir de cette situation, dit-il que son parti a tenu ses journées parlementaires au bord du fleuve Sissili à Léo sur le thème « problématique de l’emploi : enjeux et perspectives, quelle contribution du groupe parlementaire MPP ».

Marie Rose Sawadogo du groupe parlementaire Paix Justice et réconciliation nationale a à elle aussi déploré « les difficultés économiques préoccupantes » que connait le pays et qui poussent les populations à s’interroger sur « leur devenir ». Jugeant le thème pertinent, elle dit attendre des participants à la fin des 48 heures de réflexion, qu’ils puissent « rechercher et proposer des solutions pérennes aux préoccupations majeures des populations ».

Les participants entonant l'hymne du parti à l'ouverture des deuxièmes journées parlementaires de l'UPC
Les participants entonnant l’hymne du parti à l’ouverture des deuxièmes journées parlementaires de l’UPC

Maimounatou Ouédraogo/Sawadogo, du Congrès pour la démocratie pour le progrès (CDP) juge « légitime » l’interrogation de l’UPC. Une légitimité qu’elle lie à l’environnement économique national caractérisé par la « paupérisation galopante » avec « un panier de la ménagère en baisse considérable ».  Son parti formule également le vœu que sortent des échanges, des solutions pour construire un espace économique « viable » à même d’assurer le bien-être à tous.

Alitou Ido, président du groupe parlementaire UPC a partagé sa préoccupation face à la situation nationale caractérisée par l’annonce d’une quinzaine de grèves. A l’image du thème des journées parlementaires, lui se demande « qu’est-ce qui arrive au pays des Hommes intègres pour que le pays soit plongé dans une spirale de grèves tout azimut ? ». Le président déplore que « l’électeur burkinabè a préféré la continuité dans la gestion mais sans Blaise Compaoré au détriment du changement radical » en laissant son « profond » désir de changement être acheté « à vil prix » lors des votes.

La conséquence selon lui, c’est qu’« exceptées les tueries du genre, ’’tu fais, on te fait et il n’y a rien !’’, affirme Alitou Ido, toutes les autres formes de mal gouvernance de l’ère Blaise Compaoré sont au pouvoir de nouveau ». La lecture que le président du groupe UPC fait de la situation est la suivante : « Nous revendiquons tout et tout de suite », parce qu’« après tout, s’ils ont pu trouver de l’argent pour acheter leur naam alors ils trouveront bien pour satisfaire nos justes revendications comme ils l’ont fait pour les magistrats ». Et voilà ajoute-t-il le piège qui se referme sur le management de l’ancien nouveau pouvoir.

Alitou Ido, président du groupe parlementaire UPC
Alitou Ido, président du groupe parlementaire UPC

Mais, Alitou Ido résiste pour ne pas voir se réaliser ce qu’il qualifie de « sombres prédictions » de l’ex-Président Blaise Compaoré à savoir « après moi, le déluge ». C’est dans cela, dit-il que réside le choix du thème « Quelles perspectives de relance économique dans un contexte post-insurrectionnel au Burkina Faso ? ».

Mais, même si « le peuple a été induit en erreur », même s’ils sont « continuellement » qualifiés d’ « aigris », en « bon démocrates »  et face à « une économie totalement en berne »,  le président du groupe parlementaire UPC a déclaré que son parti continuera « inlassablement » d’apporter sa contribution à une sortie de crise. « Donnons-nous tous la main pour faire barrage à tout cela », lance-t-il à l’endroit des invités des autres groupes parlementaires.

Oui Koueta                                                          

Burkina24



Oui Koueta

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