Relation franco-rwandaise : Kigali menace de rompre avec Paris

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Le Président rwandais Paul Kagamé menace de rompre les relations diplomatiques avec la France, rapporte Le Point Afrique. Cette annonce fait suite à la relance de l’enquête sur l’attentat contre l’avion de l’ex-président Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide. Relations qui déjà avaient été rompues entre 2006 et 2009.  

Paul Kagamé a été implicite dans son adresse face au parlement lundi 10 octobre. « Si tout recommencer doit s’assimiler à une épreuve de force, eh bien, nous aurons une épreuve de force », a-t-il déclaré. Cette déclaration fait suite à la décision de juges français de relancer l’enquête pour entendre le général Faustin Kayumba Nyamwasa, qui accuse l’actuel président Paul Kagame d’être l’instigateur de l’attentat contre l’avion de Habyarimana le 6 avril 1994.

L’attentat est considéré comme l’élément déclencheur du génocide des Tutsis au Rwanda, qui a fait au moins 800 000 morts. Au Rwanda, l’attentat a été imputé des extrémistes hutus voulant se débarrasser d’un président jugé trop modéré.

Paul Kagamé au lancement de la rentrée judiciaire

Devant le parlement rwandais

Tourner la page

Le Rwanda veut tourner définitivement la page. Le président Kagamé n’entend évidemment pas revenir sur ce passé lourd et marquant de l’histoire de son pays. Il use de tous les moyens à sa disposition pour que cela n’advienne pas. Il a indiqué ne pas comprendre qu’« après avoir trouvé que ce qu’ils (juges ndlr) cherchaient n’était pas là et ne reposait sur rien », qu’il vient à apprendre par voie de presse qu’ils veuillent « tout recommencer ».

Pour persuader les juges français de laisser tomber, Paul Kagamé est revenu sur la brouille antérieure entre son pays et la France suivie de la fermeture de l’ambassade à Kigali. « Souvenez-vous, autrefois, lorsqu’au lieu d’aller chercher un visa à l’ambassade française, vous alliez dans une autre ambassade », a rappelé le président rwandais avant d’ajouter que « tout recommencer peut à nouveau signifier cela ».

L’émission de mandats d’arrêt par un juge français contre des proches du président Kagame, soupçonnés d’être derrière l’attentat contre le président Habyarimana avait été l’élément déclencheur. Et Paul Kagamé de conclure : « c’est la France qui devrait être sur le banc des accusés et être jugée ».

Synthèse de Oui Koueta

Burkina24

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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