Simon Compaoré : « Ils n’ont pas besoin de mots qui sapent leur moral »

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Après les unités d’intervention le dimanche 16 octobre 2016, le ministre de la sécurité était face aux directeurs provinciaux et régionaux de la police nationale l’après-midi du lundi 17 octobre 2016. Au menu, le point sur l’attaque d’Intagom et l’affaire du pont Nazinon et l’invite à « avoir son fusil en bandoulière, même en mangeant », parce que « l’ennemi peut taper n’importe quand, n’importe où ». Simon Compaoré n’a pas omis l’ « importante » contribution de ces citoyens dont le coup de fil a permis d’arrêter des personnes recherchées ou de découvrir des armes cachées par des personnes qui « n’avaient pas le droit ». Sa capacité à diriger le département de la sécurité s’est invitée dans les échanges.

La rencontre aura duré plus d’une heure entre le chef du département et les directeurs régionaux et provinciaux de la police nationale.  Le ministre Simon Compaoré a indiqué avoir instruit la hiérarchie pour qu’elle exige à la base « de prendre des précautions pour que certaines choses ne passent pas à leur insu ».

L’« importante » contribution de la population

« Face à un ennemi qui n’a pas de règles, de déontologie et qui livre une guerre asymétrique », le ministre a appelé la troupe à travailler davantage pour obtenir l’appui de la population afin que « ceux qui sont animés de bonnes volontés puissent accompagner ». Mais avant, tel un instructeur, le ministre de la sécurité invite les éléments déployés sur le terrain à avoir le fusil en bandoulière, « même en mangeant » pour éviter de se faire surprendre. « Ce sont des précautions d’usage et surtout en ces temps-là, il faut aiguiser la vigilance », dit-il.

Encourager et non mettre à mal le moral de la troupe   

« Dans ce domaine la critique est facile », a dit Simon Compaoré. Selon lui, l’attaque de la prison de Koutoukalé, à 50km de Niamey ce lundi, ne signifie pas que les forces de l’ordre ne sont pas bien équipées pour répondre à la menace. Et « même si, dit-il,  on donne des chars les plus perfectionnés, ce ne sera qu’un amas de ferrailles sans l’homme, sans la contribution des populations ».

Le ministre de la sécurité a déclaré être allé « au fin fond » des régions, a vu les conditions « extrêmement difficiles » dans lesquelles policiers, gendarmes et militaires travaillent, en raison du « climat très sévère, rigoureux », a indiqué ne pas pouvoir parler « comme un enfant de Ouagadougou qui ne connait pas les réalités ».

« Ils n’ont pas besoin de mots qui sapent leur moral, mais des mots qui requinquent leur moral », a dit Simon Compaoré. Lui ne manque pas de mots à leur endroit. «  Allez ! C’est dur, mais serrez les dents. L’effort paye ! La population est derrière vous », leur lance-t-il.   Confiant, le ministre a ajouté que  les bourrasques, les tempêtes ne sont rien à côté de la volonté de venir à bout du terrorisme, car dit-il,  « where there is a will, there is a way* »

Des éléments de la hiérarchie lors de la rencontre avec le ministre de la sécurité.© Burkina24

Des éléments de la hiérarchie lors de la rencontre avec le ministre de la sécurité.© Burkina24

Avez-vous le contrôle ?

« Cela veut dire quoi avoir le contrôle. Si je n’étais pas à mesure d’organiser les hommes, de leur demander ce qu’il faut faire, qu’est-ce que je ferais encore ici au niveau de ce ministère-là ? », a répondu le ministre de la sécurité.

Et s’il s’agit de « l’autre sens », à savoir « si c’est pour dire est-ce qu’on a la certitude que plus jamais le Burkina Faso ne serait attaqué », le ministre y voit de la « provocation », car dit-il, « même ceux qui sont super équipés, ils ont des attaques ». Loin de promettre que le pays ne sera pas de nouveau attaqué, il demande aux hommes de garder à l’esprit que « l’ennemi peut taper n’importe quand, n’importe où et donc il faut se préparer ».

La lutte, « une œuvre collective »

Récemment, suite à la tentative de fuite des éléments de l’ex-RSP après leur arrestation sur le pont Nazinon, l’appui des structures locales de sécurité avait contribué à mettre la main sur l’un des fugitifs. A « tous les citoyens qui téléphonent et donnent des informations intéressantes, qui ont permis d’arrêter des gens, de découvrir des armes que certains avaient cachées chez eux, alors qu’ils n’avaient pas le droit de détenir des armes », le ministre de la sécurité a fait part de sa reconnaissance.

La lutte à laquelle le pays fait face à présent, a conclu le ministre, est « une œuvre collective qu’il faut mener aujourd’hui pour sécuriser en comptant sur l’appui des populations ».

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