Burkina : L’ADR dénonce “un clanisme révoltant” au CFOP

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L’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR), parti politique qui se réclame de l’opposition burkinabè, a décidé de suspendre sa “participation aux activités” du Chef de file de l’opposition politique (CFOP). La présence des partis de l’ex-majorité présidentielle et le mode de management de Zéphirin Diabré sont les principales raisons de cette décision.

C’est par une lettre du 7 août 2016 signée du Premier membre du Présidium suprême révolutionnaire,  Boucolou Séni, adressée au Chef de file de l’opposition  Zéphirin Diabré que l’ADR signifiait sa décision de suspendre sa participation aux activités de l’institution qui regroupe les partis politiques de l’opposition, selon une copie de ce document parvenue à Burkina24.

Cette suspension a été actée dès le 8 août et c’est ce vendredi 21 octobre qu’une session du Présidium suprême de la révolution(PSR) a pris l’option de la rendre publique. La lettre envoyée au CFOP contient les raisons de ce choix.

L’ADR y précise d’abord qu’elle était “gênée” à l’idée de faire bande avec les partis de l’ex-majorité, précisément le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ancien parti au pouvoir, qu’elle avait combattus pour leur volonté de modifier la Constitution au profit de l’ancien président Blaise Compaoré. Mais le parti ne voulait pas non plus rejoindre le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), gagnant des élections de novembre 2015, car “ne voyant aucun lien ni idéologique ni politique ni même de la conception et de la perception  des valeurs de la vie avec” la formation du “Soleil levant”.

Néanmoins, les “modérés” pendant le débat interne ont convaincu de rejoindre le CFOP. Un choix que le parti semble regretter quelques mois après pour deux raisons principales.

“Clanisme révoltant”

Dans le courrier envoyé à Zéphirin Diabré, les responsables du parti indexent d’abord les places occupées par les partis de l’ex-majorité présidentielle.  Les mots choisis sont plutôt crus. Extrait :

Lors des conférences de presse, les anciens dignitaires occupent des places qui ne sont pas les leurs pour peu qu’on soit juste et honnête pour le reconnaître. Et le comble, lorsqu’ils prennent la parole, comme des amnésiques, ces gens-là balaient d’un revers de main leur propre passé et cela rend complices tous ceux qui, hier encore, leur tenaient tête face à leurs dérives autoritaires et  schizophréniques.

La deuxième raison réside dans le mode de gestion du Chef de file de l’opposition. L’ADR indexe en effet “un clanisme révoltant” au sein du CFOP. Ce “clanisme” qui se ferait au profit des partisans de Diabré, précisément “la Coalition Zeph 2015” et des partis de l’ex-majorité, notamment le CDP que l’ADR qualifie “d’allié naturel” du Chef de file.

Le parti a cité, pour appuyer ses accusations, le choix des représentants de l’opposition au sein de la Commission constitutionnelle et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). L’ADR affirme que Diabré a octroyé tous les postes dans ces deux commissions à ses partisans et à ses “alliés”, ne réservant “qu’une seule place” pour les autres partis.

La formation de Bruno Nabaloum, deuxième membre du PSR, se cristallise particulièrement sur la CENI, estimant que le seul poste réservé n’a d’ailleurs été accordé qu’au représentant d’un parti qui ne le mérite pas. Elle accuse même le chef de file d’avoir fait jouer sa fibre familiale. Du reste, “sans faire du narcissisme, nous estimons que le candidat de notre parti a les atouts nécessaires pour siéger à la place de votre poulain“, estime l’ADR.

Autant de raisons qui ont convaincu le parti de suspendre sa participation aux activités du CFOP, mais précise néanmoins qu’il reste dans l’opposition.

Pour rappel, l’ADR, créée en 2005, a obtenu 15 conseillers municipaux dans les communes rurales de Bougnounou, Didyr et Téma-Bokin aux élections municipales de mai 2016 (“dans le cadre de l’Union des Révolutionnaires pour le Faso“) et a dirigé la commune rurale de Bougnounou de 2006 à 2012. Le parti n’a pas de représentant à l’Assemblée nationale.

Burkina24



Rédaction B24

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