Récréâtrales : Partage avec Gaston Kaboré

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En prélude aux Récréâtrales, se tiennent les soirées partage. Ces soirées sont le temps d’une rencontre entre un public et des personnalités. Une occasion pour elles de se faire découvrir à travers leur pensée, leur diagnostic sur la société et leurs rêves. Pour cette 9e édition des Récréâtrales qui se tiendront du 29 octobre au 5 novembre 2016, Gaston Kaboré, cinéaste et parrain de l’édition, a été le premier invité de ces soirées partage.

Dans une ambiance poétique et théâtrale, le scénariste, réalisateur et producteur burkinabè, Gaston Kaboré s’est entretenu avec son auditoire pendant cette soirée du 14 octobre 2016 dans la cour du chef de Gounghin, un quartier de Ouagadougou.

Le public a pu apprendre de son expérience d’enseignant à  son parcours de scénariste, de réalisateur en passant par son enfance,  la fondation de l’Institut Imagine, sans oublier son passage à la direction du Centre national  professionnel de cinéma du Burkina Faso ainsi qu’à la Fédération panafricaine des cinéastes.

Etudes

Son premier long métrage, « Wend Kuni » (le don de Dieu), réalisé en 1982 au Burkina, a été récompensé César du meilleur film francophone. S’en suivront “Zan Boto” en 1988, “Rabi” en 1992 et « Buud Yam » primé Etalon d’or de Yennenga au FESPACO 1997.

Gaston Kaboré n’a jamais cessé de promouvoir le cinéma africain. En tant que secrétaire général de la Fédération Panafricaine des Cinéastes (FEPACI), il fait voter une résolution grâce à la Tunisie et au Burkina Faso et d’autres articles qui prônaient l’aide au cinéma par la création de cinémathèques.

L'auditoire accroché aux lèvres de l'invité de la soirée
L’auditoire accroché aux lèvres de l’invité de la soirée

Nommé dès l’âge de 26 ans directeur du Centre national du cinéma du Burkina, cette responsabilité, dit-il, lui a permis de jeter des bases plus solides du cinéma national. « Il y avait à l’époque des ciné bus qui circulaient pour montrer des films sur la santé, l’agriculture. Le cinéma était déjà entré dans l’habitude de consommation des populations (…). Je suis l’héritier du travail qui a été fait avant mais ma responsabilité a été de pousser les choses plus loin », dit-il.

Gaston Kaboré, né un mois de juillet en 1951 à Bobo-Dioulasso, a entamé ses études primaires à Ouagadougou de 1957-1963 avant de retourner dans sa ville natale pour le second cycle de 1967 à 1970.

Après deux ans à l’Université de Ouagadougou pour le diplôme universitaire d’étude générale, il s’envole pour Paris en 1972 où , à la suite d’une licence, d’une maîtrise et d’un DEA en histoire, il interrompt sa thèse de troisième cycle pour l’école de cinéma.

 « C’est quand j’ai fini mes études de cinéma que j’ai compris qu’en réalité j’adorais l’histoire mais je venais de trouver ma voie. J’avais envie de raconter des histoires. Mais c’est aussi important que nous racontons nos propres histoires, nos contes, nos légendes, nos traditions, nos mythes (…) des histoires que personne d’autre que nous  Africains pouvons raconter», a-t-il expliqué.

L’histoire des Africains par les Africains

Cependant, son sous-bassement d’historien lui a permis de percevoir le cinéma comme un outil «d’exploration de notre histoire ».

Grâce à l’histoire, il comprit, selon ses dires, que l’Afrique est le berceau de l’humanité et pense qu’il y a une seule race humaine et que c’est la bêtise humaine qui en a créées d’autres fondées sur la couleur alors que les couleurs et les autres adaptations physiologiques sont une manière de pouvoir survivre dans des climats différents.

Pour Gaston Kaboré, l'Afrique doit se raconter elle-même
Pour Gaston Kaboré, l’Afrique doit se raconter elle-même

Mieux encore, il comprendra comment se sont forgés les préjugés sur l’Afrique, notamment celui selon lequel l’Afrique n’a pas d’histoire avant son contact avec l’Occident. « Comme si, s’insurge-t-il, l’histoire existe parce que l’écriture existe alors que l’histoire de l’Europe en grande partie a été écrite mais après avoir été racontée. La parole n’est pas moins un véhicule de connaissance et de vérité que l’écriture ».

Révolté par l’impression que l’Afrique était dépossédée de tout ce qu’elle avait pu apporter au reste de l’humanité, il décide de rentrer sans terminer sa thèse en histoire.

Cependant, il reconnait que l’Afrique a des problèmes mais reste optimiste. Pour lui,  le continent a su s’inventer et se réinventer au cours des millénaires précédents et ce n’est  ni au 20e ni au 21e siècle qu’il va perdre cette capacité. Ce qu’il faut, c’est de rebâtir la conscience des Africains et en particulier de la jeunesse.

Optimisme

Par son expérience,  il reconnaît que dans le cinéma, beaucoup de choses ont été faites mais il faut que le combat se poursuivre avec les nouvelles technologies.

A la jeunesse, il dira d’être curieux, d’aller à la connaissance. C’est pourquoi il a trouvé importantes ces soirées qui offrent l’opportunité d’écouter les aînés.

Trois autres personnalités à la suite de Gaston Kaboré se prêteront à cet exercice. Ce sont Aminata Traoré du Mali, sociologue et ancienne ministre de la culture, le Sénégalais Fewine Sarr, maître de conférences, le mouvement Le Balai citoyen et Jean Pierre Bekolo, cinéaste camerounais.

Revelyn SOME

Burkina24

 

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