Le Burkina des paradoxes : Roch au Vatican, son Premier ministre en enfer

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« Les sermons du vieux  Yelmigan » est une chronique satirique proposée par un « Observateur » avisé de la société burkinabè. Elle traite deux fois par mois (le 1er et le 15 du mois) sur Burkina 24 de sujets liés à la vie de la nation burkinabè. Véritable sermonneur, le Vieux Yelmigan ne prendra pas de gant pour parler à ses fils et ses filles de leurs comportements quotidiens dans la société.  Ame détestant les sermons, s’abstenir donc  de continuer la lecture !


 

Depuis octobre 2014, le Burkina est riche en paradoxes. L’homme fort du pays a fui en plein midi, il y a deux ans. Roch est élu Président,  Zéphirin Diabré allié du MPP pendant la lutte contre Blaise Compaoré, travaille au CFOP avec le CDP de Blaise. Normal. En politique, il n’y a ni ami éternel, ni ennemi éternel. Tout est intérêt. Tant pis pour les électeurs. Ablassé, pour éviter sa mise en bière politique, est allé créer un mouvement avec ses ennemis d’hier, mais bon lui c’est Ablassé. Maître Sankara devient bras droit de Salif à l’Assemblée. Laurent Bado ne parle plus à l’Assemblée, il y siège et prend son gombo. Qui a dit que l’argent ne peut pas tout acheter ? Pardon hein ! Je n’ai pas dit qu’on a acheté Bado dèh !

Aujourd’hui,  c’est le Premier ministre qui embarque pour l’enfer pour nous sauver. « Même s’il faut aller en enfer pour chercher l’argent, j’irai, ça ne me gêne pas ». Mais moi ça me gêne, Monsieur le Premier ministre.  Cette phrase, il l’a prononcée lors d’une conférence de presse sur le financement de son PNDES.

Pendant que Roch faisait un tour au Vatican pour serrer la main du pape et demander des bénédictions pour le Burkina, son Premier ministre, lui, affirmait sans sourciller qu’il irait même en enfer pour chercher les 5570 milliards de F CFA manquant pour son projet. Ah bah ! Nous on ne veut pas l’argent du diable dèh ! On préfère être pauvre que de dîner avec le diable. Bon en même temps, ses mentors ont déjà soupé avec le diable. Ou bien ?

Le Premier ministre n’est pas à sa première bourde. Après avoir confondu Roch à Blaise, il a déclaré à Tenkodogo en ce qui concerne la CAMEG, qu’il suit la bagarre, mais qu’il attend la rupture des médicaments pour prendre ses responsabilités. Hé Kaba toi aussi ! Si tu crois que tu as des responsabilités, c’est depuis qu’il fallait les prendre pour éviter justement les ruptures de médicaments.

Le Burkina achète ses médicaments chez des vendeurs de tomates

Ce n’est pas moi qui ai dit hein, c’est le Président de l’Assemblée. C’est lui qui a vu Kadéba, le DG de la CAMEG au marché de KATR’YARE en train d’acheter les médicaments pour la CAMEG chez une « tomatière ». On est foutu ! Heureusement qu’on a un Premier ministre dévoué. Dès que ses gosses qui se bagarrent à la CAMEG toucheront la ligne rouge, il surgira de l’enfer pour prendre ses responsabilités, les mains remplies de frics.

Au lieu d’envoyer Luc le contrôleur fouiller les tiroirs de la CAMEG, on nous sert un spectacle d’enfants gâtés. Semble-t-il que le juge suprême vient de siffler la fin de la récréation. Il ne reste plus qu’à installer l’équipe nouvelle bon gré mal gré.

Et les paradoxes ne s’arrêtent pas là

On voulait une justice indépendante, eh bien la voici cher concitoyen !

A la cour de cassation un président peut tout seul prononcer une décision à la barbe de ses assesseurs et sans la présence de son greffier.

Eh oui au Burkina des paradoxes, c’est possible. Par deux fois on a vu ça. La première fois c’était dans le dossier Guillaume Soro. Alors qu’en présence des avocats ils avaient refusé d’annuler le mandat d’arrêt international lancé contre Soro, lors du prononcé de la décision, le président a pu lire que l’arrêt était annulé.

Secundo le colonel Mahamady Deka avait demandé une liberté provisoire. Deux des trois juges dirent non, le président outrepasse. Bon moi je ne sais pas ce qu’il a pris pour faire ça, mais ça n’honore pas le corps des magistrats.

Eux qui viennent de demander beaucoup plus de riz pour ne plus succomber à la tentation. Bon le chemin est encore long.

Avec tout ça ; Roch ne dit rien. Normal. C’est la séparation des pouvoirs. Mais bon,  la réussite de son pouvoir dépend de l’état de la justice au Burkina Faso. A un certain moment, il faut agir. D’ailleurs un gars intelligent avait dit qu’Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir.  Surtout que le RSP se réveille.

Pendant que les petits du RSP s’essaient en coups d’Etat,  on libère les gradés du RSP

Voilà au Burkina c’est à ne rien comprendre. Alors que la menace d’un coup d’Etat est présente, qu’on est sûr que ces menaces viennent de l’ex RSP, on libère certains cerveaux du coup d’Etat manqué qui a emporté le RSP. Normal, il faut fournir à ces petits un officier au cas où.

Pendant que l’on connaît l’hostilité du front nord du Burkina, on positionne un détachement

L’Etat major a tenté de nous convaincre, mais comment des djihadistes peuvent venir comme ça tranquillement embarquer un char de combat et des armes de guerre ? C’est comme ça on avait laissé les gars du RSP se servir à la poudrière de Yimdi.

Pour une zone dangereuse, porte d’entrée des djihadistes maliens et nigériens, on envoie de petits soldats avec du petit matériel. Le commandement militaire n’a pas pris la zone au sérieux. Moi j’invite la famille des victimes à intenter une action en justice contre le ministre de la défense pour mise en danger de la vie d’autrui !

Le CENOU : un DG plus rapide que son ombre

Un autre paradoxe : pendant que le DG du CENOU porte plainte pour mauvaise gestion contre son directeur régional (DR), on décide de remplacer le DG fouineur de comptes par le DR soupçonné de deal.

Ouais, voilà moi un homme qui a tous ses attributs en place. Si tu veux tirer sur lui c’est lui qui t’atteint le premier. Plus rien ne sera comme avant !

Mais malheureusement pour lui, il ne s’assoira  pas sur le fauteuil du professeur Bayala, malgré son opération de charme par étudiants interposés.

On est où là ?

Yelmighan

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