Hillary Clinton a gagné à l’ambassade des Etats-Unis au Burkina

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L’ambassade américaine a convié des bloggeurs, des activistes, des hommes et femmes de médias et des personnalités pour prendre part à la nuit électorale dans l’enceinte de la représentation diplomatique. Visiblement plus démocrates, la déception n’a pas tardé à se lire sur le visage de la gente féminine et de bien d’invités. Durant toute la nuit du 08 au 9 novembre 2016 jusqu’au matin, tous ont eu droit à des explications détaillées du processus électoral américain et à des séances de jeux. Le tout couronné par la retransmission en direct des élections par les chaînes américaines.  Mais « pour des raisons de sécurité »,  activistes et bloggeurs n’ont pas eu droit à l’utilisation de leur téléphone ou tablette. Une situation jugée « dommage » ou qui a rendu ces adeptes du web « pas contents », parce que sans leur outil de travail, ils ne se sentent pas si utiles à leur public non présent sur les lieux.

Pourquoi deux principaux partis politiques seulement ?

Contrairement au Burkina avec sa multitude de partis politiques, seuls les deux partis républicains et démocrates font le poids électoral aux Etats Unis. L’explication donnée est que « d’une part, l’on considère que deux partis offrent un choix suffisant aux électeurs, d’autre part, parce que d’un point de vue historique,  les Américains n’aiment pas les extrêmes politiques et enfin,  parce que les deux partis sont ouverts aux idées nouvelles ».

Le collège électoral

La différence ne se situe pas qu’au seul niveau du nombre de partis. Il y a aussi ce qu’on appelle le système de grands électeurs qui intriguait visiblement certains invités à la nuit électorale. Et pour cause « les Américains ne votent pas directement pour les candidats à la présidence, mais dans chaque Etat, pour un groupe de grands électeurs qui se sont engagés pour l’un ou l’autre des candidats ».

David Young, premier conseiller à l'ambassade s'est exprimé dans la matinée sur le déroulement de l'élection - © Burkina24
David Young, premier conseiller à l’ambassade s’est exprimé dans la matinée sur le déroulement de l’élection – © Burkina24

Il est 7h du matin. Le choix opéré par la majorité des Américains est largement orienté vers le parti républicain symbolisé par l’éléphant. Le premier conseiller David Young prend la parole et s’adresse aux invités encore présents ou venus le matin de bonne heure à la « maison du peuple américain », comme aimait dire le diplomate Tulinabo Mushingi en fin de mission. « Nos yeux sont ouverts. Merci beaucoup d’être venus partager ce moment historique des élections. Nous avons fêté la démocratie ensemble. Vous avez vu que c’est transparent. Merci pour les gens qui ont fait la nuit blanche », a-t-il dit.

Un cyber activiste sans son outil de travail

Will Sandwidi est bloggeur et community manager. Il se demande « à quoi sert un bloggeur sans son outil de travail dans un événement comme cela ». Il n’est « pas content », comme nombre d’invités. « Mais bon ! ». Ils avaient la possibilité néanmoins d’utiliser les ordinateurs de l’ambassade pour se connecter. Mais pour lui, « ce serait manquer d’éthique professionnelle en matière de sécurité que de venir à l’ambassade des Etats-Unis me connecter sur leur ordinateur ».

Le processus électoral américain a été expliqué aux invités à la nuit électorale - © Burkina24
Le processus électoral américain a été expliqué aux invités à la nuit électorale – © Burkina24

Le bloggeur apprécie néanmoins que cette « belle » action, car, « c’est des échanges culturels gagnant-gagnant. Nous apprenons d’eux. Ils apprennent de nous. C’est tout à leur honneur et c’est tout à notre bénéfice aussi qu’il y ait ce genre d’échanges. Tous ces jeunes qui sont là, on a appris sur les élections. Pour eux, c’est vendre leur culture, pour nous, c’est apprendre ». A l’endroit de la représentation diplomatique burkinabè aux USA Will Sandwidi a une proposition : « que l’ambassade du Burkina là-bas fait aussi des actions pareilles pour que les Américains puissent découvrir, parce que c’est ça aussi contribuer à la monté du tourisme pour son pays ».

Yves Edgar Bonkoungou est réalisateur cinéma. Il a déclaré au début ne pas comprendre le système de vote des Etats Unis. Avant la levée du jour, il dira : « cela m’a permis de comprendre comment ça se passe ». Privé lui aussi comme tous les autres invités, il trouve que « c’est dommage ». Aujourd’hui, note-t-il, on a besoin des réseaux sociaux pour une grande communication.

Clinton avait gagné…

voteEt pour un événement pareil, dit-il, aurait servi que les gens puissent avoir leur téléphone pour essayer de communiquer ne serait-ce qu’à travers les réseaux sociaux.

« Ça contribue toujours à la communication et à faire comprendre certaines choses que ceux qui n’ont pas eu l’occasion de venir pourront comprendre. Ils devraient doser un peu la sécurité en laissant passer certaines choses comme les téléphones », conclut-il.

A côté de ces derniers, il y avait ces femmes et hommes invités qui croyaient en la victoire des démocrates, d’Hilary Clinton.

Mais,  la victoire de Donald Trump dans l’Etat de Floride (29 grands électeurs) a asséné un coup dur à leur moral.

Les espoirs reposaient désormais sur des Etats comme la Pennsylvanie avec ses 20 grands électeurs et le Michigan avec 16 ou le New Jersey avec 14.

Mais c’était trop faire confiance aux sondages qui donnaient Hillary Clinton favorite.

Fait notoire le vote simulé à l’ambassade avait donné Hillary Clinton  nouvelle locataire de la Maison blanche.

Oui Koueta

Burkina24

 

Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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