Tracasseries sur les routes de la CEDEAO : Citoyens, exercez votre rôle de veille !

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Malgré la décision de laisser circuler librement les biens et les personnes dans la sous-région africaine, les tracasseries policières continuent de nuire au bon voisinage et surtout à la fluidité dans le commerce des céréales. Une situation qui réussit à soulever une grogne chez les agriculteurs et commerçants.

Au terme des trois jours de rencontre tenue sous l’égide de la CEDEAO et de l’UEMOA, les acteurs du monde rural de la sous-région ouest-africaine ont décidé de la mise en place d’une bourse agricole. Ceci disent-t-ils, pour permettre aux producteurs d’offrir leurs productions à leurs prix sur le marché. En agissant ainsi, « sur toute la région, ceux qui ont des besoins en céréales peuvent savoir où aller les trouver et comment procéder à leurs commandes », loue  Dr Ablassé Bilgo de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (AGRAA) de la CEDEAO.

Tilado Joseph Minoungou se réjouit de cette avancée pour le secteur agricole. Il est en charge du crédit agricole au sein de l’AFRACA, une agence qui a fait de l’octroi du crédit aux paysans une priorité. Lui ne comprend pas que les banques puissent se cacher derrière le risque du secteur agricole pour ne pas financer l’agriculture. « Comment nous allons nous nourrir ? », interroge-t-il.

En réponse à la question, l’AFRACA œuvre auprès des banques pour qu’elles acceptent d’apprendre à  financer le secteur agricole. « Il suffit de connaitre le procès des activités des uns et des autres dans le secteur agricole pour créer des produits financiers qui s’adaptent à chaque secteur d’activité, à chaque filière d’activité pour pouvoir mieux les financer et puis ne pas connaitre des risques d’impayés », analyse l’employé de Coris Bank International qui œuvre aux côtés des riziculteurs de Bagrépole.

Tracasseries policières et difficulté d’écoulement des céréales

Les participants à la rencontre n’omettent pas les difficultés liées à la libre circulation des biens dans la sous-région. Ils n’arrivent pas à comprendre que malgré les textes qui régissent la circulation des biens et des personnes, il y ait aux postes de contrôle, des tracasseries qui influent sur la fluidité du commerce de céréales entre les différents Etats. « Malgré les avancées, nous sommes conscients effectivement qu’il y a des difficultés au niveau des frontières où on exige le certificat d’origine. Les commerçants souffrent pour transporter leurs produits de commerce d’un territoire à un autre », a admis Dr Ablassé Bilgo.

Même son de cloche du côté de la Confédération paysanne du Faso (CPF). « Que ce soit au niveau des postes de police ou sur les routes internationales, vous avez toujours ces tracasseries policières qui ne disent pas leur nom. Si ce sont des céréales, le policier trouvera toujours quelque part de dire il faut que l’intéressé puisse donner les certificats d’originalités, les normes de traçabilité qui ne sont pas prévus quelque part », s’indigne Bassiaka Dao, président de la CPF.

Veille

Pendant les trois jours, les conférenciers ont abordé la problématique pour décliner aux agriculteurs et aux commerçants les normes et traçabilités des produits et comment sensibiliser ces derniers sur leurs droits et devoirs pour « ne plus permettre à des groupuscules de mener des coups bas sur les routes ».

Ce paysan s’étonne que la région soit toujours confrontée à la problématique de la libre circulation. C’est là selon lui un frein au retour des jeunes à la terre. « On ne peut plus continuer à dire, il faut tirer les jeunes à l’agriculture en sachant que si ces jeunes viennent s’installer, ils n’ont pas un marché potentiel où écouler ces produits », analyse Bassiaka Dao de la CPF. Il est temps dit-il, de renforcer les écoles d’agroalimentaires pour permettre aux jeunes qui sortent de pouvoir mieux s’installer et de transformer les produits pour parvenir à pénétrer les autres marchés.

Le président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) appelle les citoyens à ne pas se laisser intimider.  « Il revient aux citoyens d’exercer leur rôle de veille », dit-il.

« Les gens qui sont en train de faire les tracasseries, quelqu’un qui est assis, à qui chaque matin on vient, on donne les moyens, vous pensez qu’il va dire d’arrêter de lui amener les moyens ? », interroge-t-il. « Non » évidemment, répond-il avant d’ajouter qu’il y a un travail à faire pour que les décisions prises au sommet puissent être appliquées et qu’enfin les biens et les personnes puissent jouir de la liberté de circulation à l’intérieur de la zone CEDEAO.

Oui Koueta

Burkina24

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