Appel à déposer les pétards : « Aucun dépôt n’a été enregistré »  

619 0

La police nationale a procédé à la saisie de plus de 2,8 tonnes de pétards toutes catégories confondues dans la seule nuit du 02 au 03 décembre 2016. C’est l’annonce faite par le commissaire central de la ville de Ouagadougou dans l’après-midi lors d’une conférence de presse.

« En dépit des multiples actions de sensibilisation et d’appel à collaboration à travers le communiqué du ministre du commerce et celui en charge de la sécurité intérieure, nous avons malheureusement constaté que jusqu’à la date d’hier 2 décembre, aucun dépôt de pétards n’a été enregistré ». C’est le constat dressé par le commissaire central de la ville de Ouagadougou, le commissaire principal Irnou Kambiré.

Et pourtant a-t-il indiqué, au préalable, une rencontre a eu lieu avec les représentants des commerçants pour leur expliquer le bien-fondé de l’opération visant à récupérer les pétards encore en circulation sur toute l’étendue du territoire. Suite à l’opération de la veille, deux personnes ont été arrêtées. « C’est juste une rétention », a précisé le commissaire Kambiré.

L’interdiction des pétards est liée selon lui à la volonté des autorités de « limiter les dégâts » dans le cadre de la sécurisation du territoire, d’où l’opération de sensibilisation des personnes détentrices, importatrices et vendeuses à bien vouloir déposer librement sans contrainte. Et comme « aucun dépôt n’a été effectué », ses hommes ont été « obligés d’aller chercher les pétards où ils sont vendus, déposés ».

Selon les explications du commissaire Kambiré, certaines armes fonctionnent avec des balles traceuses. « Dès que ça monte, ça s’éclate et ça produit les mêmes feux que les artifices produisent ». Cela y va de la sécurité de tous que les pétards fonctionnant ainsi ne soient pas en circulation, car dit-il, « on arrive à assimiler facilement de véritables attaques terroristes aux détonations de ces pétards ».

Les animateurs de la conférence de presse ce samedi 03 décembre 2016
Les animateurs de la conférence de presse ce samedi 03 décembre 2016

Faciliter la tâche aux équipes d’interventions

Le commissaire Kambiré use à volonté des illustrations pour se faire comprendre et faire comprendre aux populations la nécessité pour tous de conjuguer les efforts en raison des risques sécuritaires liés à la question des pétards.  Selon lui, lorsqu’à l’approche de minuit, tout le monde se met à faire péter et qu’au même moment, il y a une attaque, cela complique la tâche des responsables de la sécurité qui doivent orienter, canaliser les interventions.

« C’est en cela qu’il faut qu’on sache que lorsque ça pète beaucoup, tout de suite on doit se mettre à l’idée que ce n’est pas des pétards, des feux d’artifices mais des attaques réelles auxquelles il faut faire face. Cela permet à l’autorité chargée de la sécurité de mettre en mouvement les équipes d’interventions avec les moyens qu’il faut », a-t-il expliqué.

Utilisation du feu d’artifice par la mairie

Le feu d’artifice annuel de la mairie est revenu au cours de la conférence. Le commissaire Irnou Kambiré a donné sa lecture des raisons éventuelles pour lesquelles la mairie peut entreprendre d’exporter et d’utiliser ces engins explosifs. « Lorsqu’une autorité décide de faire usage de ces pétards, c’est que c’est encadré. Il ne peut pas y avoir de dérapage. Elle représente la puissance publique et décide de faire de ces pétards ce qu’elle entend, soit pour ses besoins d’exercices, d’éducation et d’enseignements. Mais elle peut décider que les gens ne puissent pas individuellement utiliser ces pétards partout où ils veulent sans tenir compte des mesures de sécurité minimales ».

L’importation ne suivant pas un « circuit normal » et étant interdit, le commissaire Kambiré prévient. « Tous ceux qui seront pris le jour en train de faire péter les pétards seront sanctionnés comme il se doit ». Pour ne pas en arriver là, il lance un appel à tous les détenteurs à procéder au dépôt pour éviter de tomber sous le coup des sanctions prévues par la loi.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *