Le LNBTP, ce service « stratégique » de 48 ans qui demeure « méconnu » des populations

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Il existe depuis 1968. Il est passé d’établissement public à société d’Etat en 1994. Mais il est jusqu’ici « méconnu » par bon nombre de Burkinabè. Pour « sortir de l’obscurité », le  staff managérial du Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP), ce service normalement incontournable dans la chaîne de la construction d’infrastructures, a animé une conférence de presse ce jeudi 8 décembre 2016 dans les locaux sis au quartier Gounghin de la capitale Ouagadougou.

Le LNBTP a pour mission de «garantir la qualité, la durabilité et la sécurité des ouvrages ». Une mission qui s’impose à tous (publics et privés) pour éviter les écroulements qui mettent en cause la sécurité des personnes. Or affirme le directeur général Alassane Traoré, « le LNBTP est méconnu par nombre d’entre vous et plus encore par nos braves populations qui  ne le connaissent qu’à travers le code de la construction qui les oblige à présenter dans leur dossier d’autorisation de construction un document du laboratoire ».

Le staff managérial du Laboratoire national du bâtiments et des travaux publics.
Le staff managérial du Laboratoire national du bâtiments et des travaux publics.

« Stratégique au même titre que la SONABEL et l’ONEA »

Cette réalité témoigne selon le directeur général du LNBTP, du manque du réflexe de recourir au labo pour vérifier les matériaux  dès le départ. Ali Sana du département géotechnique routier caricature le LNBTP à l’image du rapport existant entre les laboratoires, qui « font les examens » et les médecins qui « prescrivent les examens à faire » à qui les résultats sont remis par la suite avant la prescription pour traitements appropriés.

Et Augustin Tindomé du département administratif et financier d’ajouter que le LNBTP a « un caractère stratégique au même titre que la SONABEL et l’ONEA ». Avoir accès à l’eau potable et à l’électricité constitue un risque énorme qu’il y a lieu, dit-il, d’éviter à tout prix en considérant l’aspect sécurité dans le projet d’investissement en lieu et place de « mettre l’accent à la dernière minute pour avoir une couverture moindre ».

Là encore, c’est si les uns et les autres s’adressent au laboratoire. Le staff du LNBTP déplore son passage au statut de « sous-traitant » dans un domaine où ils sont censés avoir le « monopole exclusif ». Un fait qui constitue « un handicap sérieux » pour sa responsabilité de contrôleur qualité des infrastructures étatiques mais aussi le paiement des prestations. En somme, indique Alassane Traoré, les créances impayées par les bureaux d’études, par l’Etat et ses démembrements se chiffrent à plus de 3 milliards de francs CFA.

But visé : La certification ISO 17024 en management de la qualité à l’horizon 2020

A cela s’ajoutent les parts de marché « grignotées sérieusement » par d’autres structures de contrôle non qualifiées ou étrangères. Une situation qui ne joue pas en faveur de la société d’Etat qui a des obligations de résultats. « Il faut un sevrage, un statut de haut contractant. Nous avons bénéficié de l’accompagnement de l’Etat pour nous équiper. C’est bien. Mais si la performance commerciale ne suit pas, si on peut contourner le labo parce qu’on donne le choix au privé de venir vers nous, on risque de passer des deux extrêmes. Une situation où nous avons la capacité opérationnelle mais sans activités », clame le directeur financier.

Pour lui permettre de remonter la pente, la Société d’Etat a bénéficié au cours des 5 dernières années d’une exemption au reversement des dividendes à l’Etat pour mettre en œuvre son plan d’investissements (2010-2015). Cela a permis selon le directeur de renouveler les équipements de base pour les essais en laboratoire et de faire passer la durée de la production de rapports d’études de sol et de fondation de 1 mois à 3 semaines ou 15 jours.

Après l’étape « faire découvrir » le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics, le staff, fort de sa place dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES), entend s’étendre sur toute l’étendue du territoire. Le LNBTP vise à présent la certification ISO 17024 en management de la qualité à l’horizon 2020.

Oui Koueta

Burkina24

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