Ciné droit libre 2016 : “Mali blues” au nord

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A l’occasion de la 12e édition du festival Ciné droit libre à Ouagadougou, plusieurs films sur les droits humains et la liberté d’expression de plusieurs pays d’Afrique seront projetés du 10 au 17 décembre 2016. Le film « Mali Blues » de l’Allemand Gregor Lutz, qui retrace la problématique de la liberté d’expression des artistes musiciens dans la région nord du Mali, a ouvert le débat à la cérémonie d’ouverture ce samedi 10 décembre 2016 à l’institut français de Ouagadougou.

« Mali Blues » est un film documentaire de 90 minutes réalisé par Gregor autour de 4 artistes maliens depuis la crise qui sévit au nord.

Le réalisateur va à la rencontre de ces musiciens phares, notamment Master Soumy, Fatoumata Diawara, Ahmed Ag Kaedi et Bassekou Kouyaté, récolte leurs propos sur la situation politique, sur l’importance de la musique pour le corps et l’esprit de l’homme et comme élément rassembleur.

Si ceux du sud notamment la capitale Bamako peuvent toujours continuer leur art, il n’en est pas de même pour leurs collègues des villes du nord occupées par les oppresseurs. Ces derniers s’exilent souvent sous le coup des menaces de mort à l’instar de Ahmed Ag Kaedi qui a dû quitter sa ville Kidal pour s’installer à Bamako.

Le film laisse entrevoir la nostalgie du Mali d’antan et l’amertume, le ressentissent face à la terreur qui sévit. Le rappeur Master Soumy ne mâche pas ses mots sur la question et s’interroge sur l’origine de l’interdiction de la musique par le Coran, prôné par les extrémistes.

La musique malienne aujourd’hui, c’est pour faire danser les gens, l’éloge des gens

Au-delà des discours, le film expose leur art dans des mises en scènes ou des captations de concert.

Mais pour le jeune rappeur, l’un des acteurs du film présent à la projection,  les artistes maliens ne sont pas assez engagés sur la question du terrorisme en vue de la condamner.

A cet effet, Master Soumy distingue deux types de musiciens. « Au Mali, dit-il,  il y a deux sortes d’artistes. Les artistes qui cherchent à manger et ceux qui ont une ligne directive qu’ils suivent ».

Il poursuit pour dire que « je suis le seul artiste qui refuse de jouer dans les campagnes électorales pour leurs (politiciens) millions. Peu d’artistes s’intéressent à la vie de la nation, se soucient de l’actualité du pays. La musique qui marche aujourd’hui, c’est celle qui parle de Djarabi, (l’amour). Celui qui consacre sa musique à l’actualité politique, de la condition de vie, il est considéré comme un bavard».

Cet état de fait, à l’entendre, a eu raison des valeurs de la musique malienne. « La musique malienne a perdu sa valeur qui disait, «Donkili mandi, a koro lo kadi » pour dire ce n’est pas la mélodie qui est importante mais le sens de ce qui est dit dans la chanson. Nous avons perdu ce repère. La musique malienne aujourd’hui, c’est pour faire danser les gens, l’éloge des gens, on chante des gens qui sont en liberté provisoire », s’est-il plaint.

Qu’à cela ne tienne, par le croisement de ces portraits, l’auteur montre la diversité culturelle du Mali.

Revelyn SOME

Burkina24

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