Recherche scientifique et innovation technologique : Le FRSIT peut mieux faire

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Le Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT) a refermé ses portes le 26 novembre 2016. « La 11e édition du FRSIT aura tenu toutes ses promesses. Les résultats engrangés attestent sans complaisance de l’atteinte des objectifs fixés », s’est réjouie la Directrice du FRSIT, Marie-Thérèse Arcens/Somé. Cependant, malgré les acquis, des insuffisances demeurent. Et il faut reconnaître que le FRSIT peut faire mieux que ça !

La recherche scientifique et la technologie de façon générale au Burkina ont suffisamment avancé. Auparavant, une affaire de scientifiques, le FRSIT intègre petit à petit les inventeurs et innovateurs. A chaque FRSIT, l’on constate qu’il y a véritablement cette envie d’innover.

L’innovation en question !

Le FRSIT 2016 s’est fixé comme objectifs principaux la valorisation des résultats de la recherche et l’innovation. Conformément au thème, les organisateurs ont plus misé sur la gestion des déchets et les énergies renouvelables. Le mérite de quelques chercheurs et inventeurs a été reconnu. Mais quid de l’innovation ?

Parlant d’innovation, allusion a été faite essentiellement aux sept espaces spécialisés. Ainsi, aux stands d’expositions, de nombreux procédés mis au point par d’éminents chercheurs, inventeurs et innovateurs ont été exposés. Adaptation aux changements climatiques et survie de l’humanité ont été au cœur du FRSIT 2016.

En témoigne le thème : « Adaptation et résilience au changement climatique pour un développement durable : Place et rôle de la science, de la technologie et de l’innovation ». Cependant, beaucoup s’attendaient plutôt à un scénario « science et innovation conjuguées à la technologie » pour faire front contre le chaos climatique.

Ainsi, les laboratoires de fabrication (FabLab), les inventeurs d’applications mobiles, les promoteurs des nouvelles technologies auraient leur partition à jouer. Le prochain FRSIT devrait intégrer tous ces acteurs pour que le forum continue de gagner ses lettres de noblesse.

Intégration des TIC…

L’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et des innovations (en abrégé ANVAR) est la structure chargée d’organiser le forum. Son Directeur général, Bréhima Diawara, faisait comprendre le 16 novembre 2016 que pour que les nouvelles technologies soient intégrées, il faudrait d’abord qu’elles soient « bien comprises » par les populations consommatrices. Que sinon, le résultat serait en incohérence avec l’effet attendu.

Facebook et WhatsApp ont prouvé le contraire il y a belle lurette. Des commerçants et autres self-made-men utilisent mieux ces outils que certains. L’adaptation aux TIC intervient après que ses services soient disponibles.

La remarque est que le FRSIT n’accorde pas une place importante à la technologie. Comme si les avantages des TIC sont toujours méconnus. L’utilisation efficiente des TIC, faut-il le rappeler, réduit « la facture écologique » et a un apport positif sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Des secteurs impulsés par les TIC présentent des atouts pour l’environnement.

Il y a, entre autres, le télétravail, les réunions à distance, l’optimisation des transports et des déplacements, le e-commerce, la dématérialisation des procédures administratives, l’amélioration des pratiques agricoles et forestières, le contrôle de la pollution de l’air et de l’eau, la prévention des catastrophes naturelles, la minimisation des consommations énergétiques des bâtiments, etc.

Des technologies de transformation qui améliorent la capacité des utilisateurs à créer et à s’adapter. Il y a également l’utilisation des réseaux sociaux pour opérer des changements d’attitudes et de comportements. Le FRSIT pourrait mieux intégrer les TIC.

Opportunités d’affaires à saisir…

Il faut noter que le vrai goulot d’étranglement reste le passage entre les résultats de la recherche et leur matérialisation. La volonté d’y investir et se positionner pour éviter l’importation se fait désirer. Il faudrait que les opérateurs économiques nationaux accordent un intérêt accru aux fruits de la recherche et de l’innovation technologique.

Il faudrait également déployer la recherche dans tous les secteurs où économiquement il y a quelque chose à produire et à vendre. « Vendre beaucoup et acheter peu pour devenir riche », dit-on. Les organisateurs du FRSIT et les autorités devront travailler à installer plus d’approche entre le chercheur, l’inventeur et les opérateurs économiques ainsi que ceux qui ont besoin des résultats de la recherche.

Noufou KINDO

Burkina 24



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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