Relations parlementaires-journalistes : Un programme pour dissiper le climat de « méfiance »

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Tout est parti du postulat qu’il existe un climat de « méfiance » entre les représentants du peuple et les journalistes. Pour briser cette glace et donner plus de visibilité à l’information parlementaire, le National democratic institute (NDI) et son partenaire Internews, qui « donne aux médias locaux les moyens d’informer les gens et les informations dont ils ont besoin, la capacité de se connecter et les moyens de faire entendre leurs voix » ont initié une série de formations et de rencontres entre les deux parties.

Une étude réalisée par Internews Burkina sur la question de la gestion de l’information parlementaire a révélé qu’« il y a une méfiance entre les médias et les députés ». La situation qui prévalait selon Kader Tapsoba, le chargé de programme au sein de l’ONG, est que d’une part les députés reprochaient aux journalistes « d’être un peu superficiels » dans le traitement de l’information parlementaire et d’autre part, les journalistes reprochaient aux députés de « n’être pas accessibles ».

La crise politique marquée par la volonté de modification de l’article 37 et qui a secoué le pays en octobre 2014 n’a pas amélioré la situation. En effet, indique Kader Traoré, c’est en raison des « inquiétudes recensées après l’insurrection où il y a eu une crise de confiance vis-à-vis de l’Assemblée nationale, que ce programme a été voulu pour améliorer la collaboration entre ces deux entités ».

Pour mettre un terme à ce climat de méfiance entre les médias et la représentation nationale et surtout « spécialiser les journalistes en traitement de l’information parlementaire et renforcer la collaboration entre les députés et les journalistes »,  une série de tables rondes, d’échanges avec les députés mais aussi des séances de formation a été implémentée depuis juillet.

« Manifestement, les journalistes pensaient que les députés n’étaient pas assez accessibles et les députés avaient un certain type d’appréhension par rapport aux journalistes », a indiqué Aminata Kassé, représentante résidente du NDI. Pour Tibila Kaboré, président de la commission des finances et du budget (COMFIB), il s’agit ici de « deux entités qui n’avaient pas l’habitude de se parler ».

Pour avoir participé aux échanges avec la Commission des finances et du budget qui était à l’honneur au cours de la session parlementaire dite session budgétaire, la représentante résidente du National democratic conclut que « cela intéresse beaucoup ». Le président de la COMFIB apprécie lui aussi favorablement l’initiative, qui dit-il, leur a permis de mettre le pied à l’étrier.

« C’est la pêche à l’information. On a échangé en toute sincérité et franchise. C’était une initiative qui valait la peine d’être menée », apprécie le député qui va même plus loin. « On se dit que si vous comprenez cela, cela va avoir plus d’impact sur les populations », a ajouté Tibila Kaboré. Même chose du côté du NDI. Les conférences de rédaction et formations ont été un cadre d’échanges avec le Pr Serge Théophile Balima, Auguste Bambara, Zoumana Traoré (anciens directeurs des médias de l’AN) et l’actuel directeur Oumarou Mogmenga.

Au terme du programme, Aminata Kassé est affirmative : « cela a permis d’améliorer les échanges ». Au total note le chargé de programme d’Internews Burkina, 140 productions ont été réalisées depuis le début des rencontres d’échanges avec les 19 journalistes représentant chacun un média. Lui aussi se dit satisfait avant la séance de restitution prévue pour poser le bilan final.

« Nous avons atteint les objectifs qui étaient fixés dès le départ », a dit Kader Tapsoba, qui annonce le renforcement de la capacité opérationnelle des journalistes avec du matériel de travail et aussi des récompenses pour les auteurs des meilleures productions. En attendant, annonce la représentante du NDI, le programme d’appui à l’Assemblée ne s’arrête pas là. « Nous allons continuer de le faire », promet Aminata Kassé.

Oui KOETA                                                

Burkina24

Oui Koeta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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