Traitement naturel de l’eau : 4,5 millions d’alevins libérés dans le lac de Ziga

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En plus du traitement chimique pour débarrasser l’eau des toxines libérées par les algues, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA)  exploite la piste naturelle que sont les poissions locaux (tilapia). Présidée par la gouverneure du plateau central, une cérémonie d’introduction de 4,5 millions d’alevins de poissions a eu lieu ce mardi 27 décembre 2016 dans le barrage de Ziga.

La piste chimique sera désormais délaissée pour privilégier la « lutte purement biologique contre les algues ». L’ONEA a en effet fait ce choix pour s’attaquer à ces plantes aquatiques qui sont à l’origine des poisons qui nuisent à l’organisme humain, notamment la peau (dermato toxine), le foie (hépato toxine) et les neurones (neurotoxines).

« La présence des algues dans l’eau brute rend de plus en plus difficile l’eau traitée par l’ONEA et par conséquent, les coûts de traitement sont de plus en plus élevés dans un contexte particulier où l’ONEA a des besoins d’investissements de  plus en plus croissants pour faire face aux déficits structurels dans la plupart des villes », a indiqué Arba Jules Ouédraogo, directeur général de l’office.

Selon lui, si l’ONEA a pris la résolution de passer à présent par les traiteurs naturels que sont les poissons, c’est parce que les algues « souvent invisibles » constituent un fléau qui se développe « démesurément » et accélère le vieillissement des ouvrages.

C’est surtout parce qu’« aujourd’hui, la lutte chimique seule ne suffit pas pour le traitement de l’eau ». Avec les normes à observer dans la fourniture d’eau depuis les barrages  jusqu’au robinet, « le traitement de l’eau devient de plus en plus complexe », a indiqué Arba Jules Ouédraogo. Dans l’optique de « continuer à donner de l’eau potable répondant aux normes et garantir la sécurité des utilisateurs », l’ONEA s’est tourné vers la piste de l’introduction des poissons planctophages dans le lac du barrage de Ziga.

Le directeur de l’ONEA a laissé entendre que si cette piste connait une phase expérimentale, c’est grâce en partie à l’appui de  l’Université de Ouagadougou et au personnel du laboratoire environnemental et social de l’ONEA sis sur le site du barrage de Ziga. Il a indiqué que l’introduction des poissons locaux (tilapia) s’est faite notamment « sur la base de calculs scientifiques », qui ont démontré que « ces poissons ont pour nourriture préférentielle  les algues ».

315 millions de francs CFA

La « lutte purement biologique contre les algues » n’offrira pas que de l’eau potable plus naturelle aux populations. Ce sera aussi « 4,5 millions de poissons qui seront consommés par 4,5 millions de Burkinabè d’ici 3 ans », calcule Arba Jules Ouédraogo. Ce n’est pas tout, dit-il. La pêche et la vente de ces 4,5 millions de poissons locaux introduits dans le lac du barrage par les riverains permettra «d’injecter 315 millions de francs CFA dans l’économie locale ». D’où l’appel de la gouverneure Fatoumata Benon aux administrés du plateau central : « restez mobilisés pour la protection et la préservation du barrage de Ziga ». Elle recommande en plus aux pêcheurs de « ne pas pêcher les alevins qui ont été mis en eau avant trois ans ».

Le directeur de l’ONEA leur demande de plutôt « réguler leurs mailles de filets ». En attendant que les poissons fassent leur part de purification du barrage, il est prévu l’installation de « barrages flottants » (protections physiques)  destinés à lutter contre la pollution accidentelle.

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