Simon Compaoré: « On ne désavoue personne »

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En attendant la confirmation de savoir s’il sera encore en charge du volet sécurité qui lui incombe jusqu’ici, le ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure Simon Compaoré a animé une conférence de presse ce mercredi 4 janvier 2017 pour dresser le bilan d’un an de gestion, dont le taux d’exécution est estimé à 68% par le principal conférencier.

“Je prends ce qu’on me donne”

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Simon Compaoré, « ce n’est pas quelqu’un qui court après les postes ». C’est lui-même qui le dit. Il précise qu’il n’est surtout pas de ceux qui, pour être ministres, «ont demandé comme des arachides ». Il dit être prêt à tenir parole et donc « aller mourir sans aller demander à être ministre », parce que « c’est une honte ».

« Moi, je ne me sens pas incompétent »

Le ministre d’Etat est revenu sur le fait que le Président du Faso qui annonce un poste uniquement dédié à la sécurité. L’actuel occupant dit s’en remettre à la décision du Chef de l’Etat. « La robe qui a été taillée, dit-il, c’est le Président Roch Kaboré qui a taillé la robe. Un pantalon qu’il m’a dit de porter ». Par conséquent, ajoute-t-il, « s’il se rend compte que le pantalon est plus haut que moi et il décide de tailler à sa guise, where is the problem ? », questionne-t-il. Et Simon Compaoré de déclarer que ce n’est pas son problème. « Moi je porte ce qu’on me donne. Un point c’est tout », tranche-t-il.

Sans confirmer qu’il ne sera pas le prochain ministre en charge de la sécurité intérieure, Simon Compaoré, qui se dit « obligé » de venir à 4h au bureau, même dimanche après la messe, non pas parce qu’il y a « des punaises » chez lui, mais parce qu’il y a trop à faire, a indiqué que son départ ne sera pas lié à de l’incompétence de sa part. Par contre, s’il est lié à une question d’opérationnalité, il dit être « parfaitement d’accord ».

Toujours sans l’affirmer explicitement, son départ, il dit l’appeler de tous ses vœux. « Mais, on dira pas si c’est par incompétence qu’on a été obligé de le désavouer. On ne désavoue personne ». Et lui, déclare-t-il, ne sent « pas incompétent ». De même que le Président, dit-il, ministre de la défense, qui est lui aussi « prêt à laisser, parce que c’est des charges supplémentaires par rapport à ce qu’il fait déjà ».

« Merci à tous ceux qui critiquent tous les jours »

Le ministre est revenu sur les difficultés inhérentes au ministère. A l’en croire, « ce n’est pas de la sinécure ». Pour cette raison, dit-il, il ne sera « pas du tout malheureux » s’il devait céder le ministère de la sécurité. D’où son appel à soutenir « quel que soit celui qui va venir », car dit-il, il aura besoin des apports de tous et de ceux de l’Etat en matière d’équipements, de couverture aérienne, « sinon il n’ira pas loin ».

Et c’est le lieu selon lui de ne pas condamner collectivement les militaires, les gendarmes, les policiers. « Quand vous allez sur le terrain, vous allez comprendre que ce n’est pas du gâteau. C’est ça la réalité. Et il faut resserrer les boulons et faire les réglages nécessaires », réalise Simon Compaoré.

Il n’a pas manqué d’exemple pour illustrer ses propos. « Pour quitter Djibo aller à Nassoumbou, vous avez 1h 30. Et eux (terroristes ndlr), ils ont à peine 30 minutes pour traverser la frontière. Vous faites quoi ? Vous n’avez pas une couverture aérienne. C’est ça. Il n’y a pas de mystère à faire à ce niveau. Ils ont une avance. C’est extrêmement dangereux », rapporte-t-il.

Il y a donc une réorganisation à observer, des compétences à renforcer et consentir de sacrifier d’autres projets au profit du volet sécurité intérieure. « On n’a pratiquement pas le choix », affirme-t-il.

Quant aux critiques et aux détracteurs, le ministre ne leur en tient pas rigueur. Et s’il avait à opiner, le ministre dirait « merci à tous les compartiments de la nation, majorité comme opposition même ceux qui critiquent tous les jours », car ils sont dans leur rôle. Et ce sont les critiques, ajoute-t-il, qui font qu’ils sont « obligés » de tenir droit et de continuer à travailler, parce que termine-t-il, « Where there is a will, there is a way »*.

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