Cigarette et santé publique : ACONTA et REJAT-BF dénoncent une défiance de l’autorité de l’Etat burkinabè

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ACONTA (Action contre le tabac) est catégorique. Impérial Tobacco défie l’autorité de l’Etat en ne procédant pas au strict respect du décret N°2011-1051/PRES/PM/MS/MEF portant conditionnement et étiquetage des produits du tabac au Burkina Faso et l’arrêté conjoint n°2015-366/MS/MICA portant fixation des modalités d’application dudit décret. Une mise en accusation est prévue pour la fin du mois pour attraire la MABUCIG en justice.

Pour l’ACONTA et le REJAT-BF, il n’y a nul doute que Impérial Tobacco, propriétaire de la MABUCIG Burkina défie l’autorité de l’Etat burkinabè en décidant de ne pas procéder au respect du décret présidentiel de 2011 et de l’arrêté conjoint du ministère de la santé et du commerce datant de 2015.

Un arrêté qui donnait jusqu’au 7 avril 2016 à la firme pour procéder à l’étiquetage des produits du tabac en y imposant sur 60% des faces avant et arrière des messages sanitaires graphiques qui rappellent aux fumeurs en particuliers et au public en général que le tabac est source de maladies et cause de décès à la fois.

« Les images résument tout ce qu’on demande, parce que nous qualifions la cigarette aujourd’hui de produit défectueux. On peut exprimer cela par les images », explique Adama Znago, responsable de la communication, lors d’un point de presse ce 17 janvier 2017.  

En guise d’exemple de pays où c’est déjà le cas, les conférenciers ont cité le Tchad, le Kenya, la Namibie, Madagascar, les Iles Seychelles, l’Ile Maurice et bientôt le Sénégal en 2017. Ce qui n’est pas le cas au Burkina. « 9 mois d’attente, 9 mois de manipulation, 9 mois d’arrogance : c’est le jeu auquel se livre l’industrie du tabac face à l’Etat burkinabè », résume Salif Nikiema, coordonnateur d’ACONTA.

En France, cite-t-il, la mesure du paquet neutre est « passée comme une lettre à la poste ». C’est alors que les conférenciers s’étonnent et se demandent si l’Etat français est plus soucieux de la santé de sa population plus que l’Etat burkinabè  ou si cela est dû au rapport de force déséquilibré entre l’industrie du tabac et les pays dits pauvres comme le Burkina.

Procès contre Impérial Tobacco soutenu par le ministère du commerce

Face au « refus catégorique » des industriels de respecter la règlementation en vigueur, l’Etat burkinabè, à travers son ministère de la santé, a décidé d’intenter un procès contre la MABUCIG. L’accusation devrait être déposée en principe le 31 janvier 2017, selon la coordination d’ACONTA. Mais le problème, c’est qu’en plus de Impérial Tobacco, l’Etat burkinabè ne peut pas compter sur son ministère de la santé.

« Le Ministère de la santé au sein du Gouvernement fait face aux nombreuses obstructions tous azimuts dont celles du Ministère du Commerce qui  s’allie à Imperial Tobacco dans cette affaire », a déclaré le coordonnateur d’ACONTA. Cela a contribué à pousser la date de la mise en accusation initialement prévue pour le 19 novembre passé.

En réponse à la question de savoir si ce combat mené n’est pas de trop pour ACONTA et le REJAT-BF, Salif Nikiema est catégorique : « ce combat ne nous dépasse pas. C’est un problème de santé publique. Même si le politique s’ingère, nous allons dénoncer ».

En outre, ACONTA et le REJAT-BF en appellent au gouvernement, aux autorités législatives, et judiciaires d’obliger les cigarettiers à apposer sans délai les messages sanitaires graphiques sur les paquets et cartouches de cigarettes, car espèrent-ils, « le respect strict de cette décision contribuera à sauver des milliers de vies ».

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