Assemblée nationale : « C’est le territoire incontesté de Salifou Diallo »

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Le groupe parlementaire de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) a fait le point de ses activités parlementaires de la première année de mandature post-insurrectionnelle pour « remplir » son « devoir de redevabilité » envers le mandant. Au titre des sujets abordés, la gestion de l’Assemblée nationale a été passée au crible et la posture de Salifou Diallo par rapport à ses collègues députés, critiquée.

Réunis autour de leur désormais ancien président du groupe parlementaire, Ido Alitou qui a été remplacé ce jeudi 2 février 2017 par le député Simboro Daouda, les députés de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) ont dépeint un tableau sombre en ce qui concerne la gestion de l’Assemblée nationale.

15 milliards 400 millions … une vingtaine de milliards de F CFA 

Des mots du député Ido Alitou, « l’Assemblée nationale est une institution publique qui gère énormément de fonds sans contrôle adéquat », fonds qui s’élèvent à 15 milliards 400 millions de Francs CFA et ajoutant « les importants fonds » en négociation avancée avec « fortes promesses de financement du plan stratégique de développement de l’Assemblée nationale d’une vingtaine de milliards de F CFA ». Il poursuit : « du point de vue de la gestion managériale, notre Assemblée est mal gérée ».

Le président sortant du groupe parlementaire de l’UPC indexe le Mouvement pour le peuple et le progrès (MPP) majoritaire au sein de l’hémicycle pour n’avoir pas accepté des députés de l’opposition à la questure, service en charge de la gestion financière de l’institution. Selon lui, cela aurait permis de suivre les flux financiers et de « dénoncer tout écart de gestion financière ».

« Salifou Diallo est trop fort »

Outre cette gestion financière décriée, Ido Alitou et ses collègues députés ont dressé un portrait peu reluisant du président de l’hémicycle, Salifou Diallo. Morceau choisi : « C’est le territoire incontesté de Salifou Diallo, qui y confond à souhait, ses deux fonctions : celle de président par intérim (du MPP), et celle de président de l’Assemblée nationale. Bonnes gens, écoutez-le du haut de sa tribune, sermonner et l’exécutif qu’il a lui-même participé à recruter, et les parlementaires avec des commentaires par endroits désobligeants ».

Salifou Diallo « est un homme fort », résume Ido Alitou qui s’interroge par la suite : « peut-on développer une institution forte comme l’Assemblée nationale avec un homme fort aux commandes ? ».

« J’ai de sérieux doutes », répond-t-il en expliquant que l’homme fort devient le centre incontournable de toutes les décisions importantes des services qui « doivent obligatoirement attendre son input ». Des confidences d’un autre député, « Salifou Diallo est trop fort » pour l’opposition.

2e et 3e vice-présidents : “Ils ne jouent que des rôles … cosmétiques

Tout en critiquant la gestion financière de l’institution dont ils sont membres et le comportement du président des parlementaires burkinabè, les députés du principal parti d’opposition ont recommandé une enquête parlementaire de l’opposition sur cette gestion de l’Assemblée nationale et à une entrée de l’opposition dans la questure.

Par ailleurs, ils ont appelé à « une participation plus active » des 2e et 3e vice-présidents de l’Assemblée nationale qui sont de l’opposition. Pour l’heure, selon les députés de l’UPC, « ils ne jouent que des rôles somme toute cosmétiques : ouvrir et fermer des ateliers et séminaires et représenter le président aux évènements sociaux ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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