FESPACO 2017 : Abdel Khalek Hisham, projecteur sur l’Egypte

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Abdel Khalek Hisham est un réalisateur et producteur égyptien vivant entre Paris et New York. Fondateur de So Freakantastik, société de production avec son  associé Olivier Delesse en 2008, il s’est assigné comme objectif de promouvoir la culture égyptienne et arabe à travers des films, documentaires, courts-métrages et une comédie musicale dont le tournage est en préparation actuellement à Broadway sur le pharaon Akhénaton. « A Footnote in Ballet History ? », son film documentaire, a été sélectionné dans la compétition officielle du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) 2017. 

Burkina24 (B24) : A quand débute votre carrière de réalisateur et quelles sont les circonstances qui vous y ont amené ?

Abdel Khalek Hisham (A.K.H) : Depuis l’université, j’ai toujours été intéressé par le cinéma et voulu réaliser des films. C’est ainsi que je suis devenu en 1999 assistant du directeur artistique du festival international du film d’Alexandrie puis directeur artistique en 2001. Ce qui m’a permis de rencontrer de nombreux réalisateurs, acteurs et producteurs en Egypte et dans le monde. Ces rencontres m’ont encouragé à commencer ma carrière de réalisateur.

B24: Revenez sur votre parcours dans la réalisation et quels en sont vos meilleurs souvenirs ?

A.K.H.: La réalisation est plus qu’un métier mais une passion. J’aime capter l’expression des acteurs et recueillir de grands moments lors d’entretiens avec des personnalités qui ont impacté l’histoire. Mon meilleur souvenir récent remonte à cet été lors de vacances au Liban, quand est née l’idée de réaliser un court-métrage avec mon ami l’artiste saoudien Saad bin Mohammed sur la base de son roman « Behind the I ». C’était un réel plaisir de transformer ces vacances en tournage avec des acteurs qui sont parmi les meilleurs du Liban.

B24: Votre film documentaire « A FOOTNOTE IN BALLET HISTORY? »  est sélectionné dans la compétition officielle pour le FESPACO 2017 au Burkina  du 25 février au 04 mars 2017. De quoi parle-t-il ?

A.K.H.: « A Footnote in Ballet History ? » suit la création de la première école et compagnie de ballet en Egypte dans les années 1960 à travers des entretiens avec ses 5 pionnières connues sous le nom des « Cinq du Bolchoï » les danseuses étoiles Magda Saleh, Diane Hakak, Aleya Abdel Razek, Wadoud Faizy et Maya Selim ainsi que leurs collègues Reda Sheta, Nadia Habib, Yehia Abdeltawwab et Safwat Gerges filmés entre New York, Chicago et Le Caire.

Le documentaire suit en particulier Magda Saleh qui devint la première doyenne de l’Ecole de Ballet au Caire et la première directrice du nouvel Opéra du Caire.

B24: D’où est partie l’idée de réaliser un tel documentaire ?

A.K.H.: Derrière l’histoire du ballet, se profile en réalité l’évolution de la vie culturelle et artistique en Egypte au gré des événements politiques, en particulier de l’alignement de l’Egypte durant la Guerre Froide avec la Russie puis avec les Etats-Unis, puis les difficultés rencontrées pour soutenir et développer cet art quand il n’est plus devenu une priorité pour l’administration.

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J’ai vite constaté au cours des entretiens, que le film était également un hymne féministe pour les femmes qui ont œuvré à développer la vie culturelle de mon pays et que leurs histoires n’avaient jamais été partagées jusqu’alors. C’est désormais mon combat de faire connaître leur histoire pour que mon pays reconnaisse leur contribution à leur juste valeur.

B24: Selon vous, quelles sont les chances de votre long-métrage pour le sacre de l’Etalon du Yennenga ?

A.K.H.: C’est sans aucun doute un honneur pour tout réalisateur de recevoir le sacre de l’Etalon du Yennenga, et comme tout réalisateur, je considère que c’est déjà un grand honneur de pouvoir concourir et présenter mon film au public et au jury du FESPACO. Je suis fier de contribuer par ce film à promouvoir la diversité de la culture africaine à travers le combat de ces femmes.

B24: Le FESPACO est à sa 25 édition. Que représente pour vous le fait de participer à ce festival ?

A.K.H.: C’est un grand honneur de participer en compétition à la 25ème édition du FESPACO, un des plus importants festivals en Afrique, après avoir été présenté au Festival International du Film du Caire, et de pouvoir rencontrer à cette occasion d’autres réalisateurs et producteurs africains.

B24: Votre mot de fin en guise de conseils à tous ceux qui souhaitent éventuellement embrasser la carrière de réalisateur cinématographique…

A.K.H.: Je pense qu’il est essentiel pour tout jeune réalisateur d’aborder un sujet qui lui tient à cœur afin qu’il puisse le porter avec une voix qui lui est propre.

 Interview réalisée par Arnaud L.-Ph. Kouamé KOUAKOU

Burkina24

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