Burkina : Il faut sauver le Nord

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Par paraphrase, prêcher le pire pour espérer le meilleur. Le Nord du Burkina est en danger. C’est peu de le dire et il faut faire plus que de dire. Il y a désormais  trop de signaux alarmants. Une réaction devient urgente.

Cet éditorial risque de sembler rabat-joie après la belle fête qui habite les cœurs burkinabè depuis la belle chevauchée des Etalons. Mais comme on le dit dans les rues de Ouagadougou, mieux vaut éviter la défaite après la fête !

Cela dit, ce qui se passe au Nord du Burkina devient de plus en plus inquiétant. Pas besoin de reprendre un calendrier pour se rappeler que les Forces armées nationales y ont versé des larmes amères en 2016. Inutile aussi de rappeler ces enseignants qui ont fui la région la peur au ventre, menacés par des individus de prêcher une parole peu laïque.  

Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’un conseiller municipal d’une cinquantaine d’années et son fils de sept ans ont été abattus par de sinistres individus dans la nuit du 3 au 4 février 2017 à Yorsala. La raison de cette barbarie ? Le défunt serait un informateur des Forces armées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.  Cet acte inhumain est d’autant plus grave qu’il va saper l’ardeur de ceux qui seraient tentés de venir en aide aux Forces armées.

Sans vouloir faire dans le pessimisme aigu et exagéré, il est néanmoins temps que la question du Nord du Burkina soit étudiée. Sérieusement. Et cette fois-ci, sans gant et sans discours velouteux et inutilement rassurant. Les terroristes sont en train, lentement mais sûrement, d’étendre leur emprise sur cette zone du pays. La terreur qu’ils infligent aux habitants risque d’être la dernière étape vers ce que tout le monde craint le plus et que personne n’ose peut-être évoquer publiquement : un envahissement du Nord.

Le Mali n’imaginait sans doute pas être un jour amputé de fait de son grand Nord. Mais le Burkina devrait y penser. Cela n’arrive pas qu’aux autres et la perdrix doit acquérir un minimum d’expérience en voyant plumer une poule. Prêcher le pire en espérant le meilleur…

La Rédaction

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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