Burkina : 2016 a été « une année perdue et gâchée », déplore l’opposition

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L’appréciation de la première année de gestion du pouvoir du Président Roch Kaboré par le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) est tombée ce mardi 07 février 2017. 2016 est « une année de perdue pour le Burkina Faso ». C’est la conclusion tirée par l’opposition et c’est en même temps le titre du mémorandum de 68 pages.

C’est depuis son nouveau siège que l’opposition politique (CFOP) a partagé son appréciation de la gestion du pouvoir par la majorité présidentielle tout au long de l’année 2016, lors d’une conférence de presse. 

Mais avant de s’attaquer au plat de résistance, le premier responsable du CFOP, Zéphirin Diabré a fait une halte sur le parcours des Etalons lors de la 31ème édition de la CAN au Gabon. « Ils ont définitivement fait du Burkina Faso une grande nation de football », a-t-il déclaré avant d’ajouter que « dans un avenir très proche », la coupe viendra au Faso.

Après la CAN, « place maintenant à la politique »

L’opposition politique ne souhaitait pas engager de polémique au moment où il fallait une union sacrée de tous les Burkinabè pour soutenir les couleurs nationales, a justifié le premier responsable du CFOP. En effet, la conférence de presse initialement prévue pour le 31 janvier a été reportée à deux reprises. La CAN étant terminée, « place maintenant à la politique !»

12 avril 2016, l’opposition publiait un mémorandum sur les 100 premiers jours au pouvoir de Roch Kaboré intitulé « Hésitations et tâtonnements ». De l’avis de Zéphirin Diabré, c’est en raison du jugement porté sur ce mémorandum considéré comme « prématuré » au bout de « seulement » trois mois de gouvernance que l’opposition a décidé de laisser une année « entière » s’écouler avant de donner une « nouvelle » lecture des performances de l’exécutif.

Une appréciation qui n’a visiblement pas changé. Pour l’opposition politique, le MPP et ses alliés sont en train d’« enfoncer » le pays et  les critiques d’alors n’ont rien perdu de leur pertinence. « Aujourd’hui, l’appréciation de l’opposition politique burkinabè est claire et nette : la première année d’exercice du pouvoir par le régime du Président Roch Kaboré est une année perdue et gâchée pour le Burkina Faso », a déclaré le CFOP Zéphirin Diabré.

Paul Kaba Thiéba, « un Premier ministre par défaut »

Il dit se fonder sur les différents moments de « tâtonnements » au sommet de l’Etat, de « pilotage à vue », de « l’indécision dans les moments cruciaux », des nominations de « complaisance » et pour finir d’« un effacement complet » sur la scène internationale. En effet, il y a à peine une semaine de cela que la diplomatie burkinabè célébrait sa première victoire par l’élection de deux Burkinabè dans les instances dirigeantes de l’Union africaine.

Et si tel est le cas, l’opposition impute cela à la nomination de ce qu’elle qualifie d’un «Premier ministre par défaut ». La situation qui prévaut dans le pays est liée selon le CFOP à « la faiblesse d’autorité personnelle » de la part du Premier ministre, combiné à « un sabotage permanent » en provenance du parti majoritaire.

Le « tricéphalisme » du pouvoir en place à l’origine de tout

Les luttes internes au MPP influant sur les actions entreprises, au CFOP l’on dénote une communication « catastrophique » en matière sécuritaire. A commencer par les propos du ministre de la sécurité dans lesquels se dégagent selon l’équipe du CFOP de la légèreté et du faux par la justification selon laquelle les soldats n’étaient dotés que de Kalachnikovs face à l’ennemi lourdement armé. Vient ensuite la réaction du ministre suite à l’intervention du président par intérim du parti et président de l’assemblée nationale.

Face à ce que le CFOP qualifie au point VII  du mémorandum d’ « échecs sectoriels patents », ses responsables sonnent l’alarme et renvoient le gouvernement à une déclaration préventionniste du président de l’assemblée nationale Salifou Diallo, qu’ils citent : « le gouvernement se doit d’être plus audacieux et imaginatif parce que le schéma classique dans lequel il évolue n’entraînera aucun développement du pays, même dans 10, 20 ans ». Le CFOP conclut par un appel à un sursaut d’orgueil, dont le peuple a besoin et dont la responsabilité d’inspiration lui incombe.

Oui KOETA

Burkina24

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