Burkina : Si «je ne peux pas, je démissionne »

662 0

Le syndicaliste Bassolma Bazié souhaite voir s’installer une culture de la démission au Burkina Faso. Il a partagé son vœu lors d’une conférence de presse le samedi 11 février 2017 à la bourse du travail de Ouagadougou.

« Le comportement des uns et des autres, même au sommet de l’Etat, ce qui égratigne et même fait très mal, les gens croient qu’aujourd’hui, s’ils ne sont pas là, le pays allait s’arrêter de fonctionner », observe Bassolma Bazié, secrétaire général de la confédération générale des travailleurs du Burkina. Ce qu’il trouve « dommage ».

Au cours d’une conférence de presse le 11 février 2017, il a fait part de son souhait de voir que le fond du mot autorité soit compris autrement que ce qu’il en est actuellement. Le secrétaire général de la CGT-B n’a pas cité de nom. Mais, à l’écouter, un autre membre du gouvernement est à l’origine de la non prise en compte des deux points de revendications du Syndicat national des agents du ministère de l’industrie et du commerce (SYNAMICA).

« Le terme autorité a un fond. C’est le respect de soi. Et quand on se respecte, on respecte sa parole. Si je suis un ministre, je prends un engagement avec le Premier ministre et après un ministre, super soit-il, vient remettre ça en cause, je rends le tablier », a déclaré le syndicaliste.

En effet lors de la conférence de presse, le secrétaire général du SYNAMICA était revenu sur le revirement du gouvernement 3 jours plus tard après la signature d’un accord entre les deux parties le 24 janvier, préférant l’analyser au préalable en conseil des ministres. « C’est incompréhensible. Quand c’est comme cela, nous disons que ce n’est pas correct », se désole le secrétaire général de la CGT-B.

« Si je suis mal cousu, c’est le tailleur » ?

« Moi, je porte ce qu’on me donne. Un point c’est tout », a tranché le 04 janvier le ministre d’Etat Simon Compaoré lors de la conférence bilan après une année passée au Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure (MATDSI). Cette réponse n’est visiblement pas du goût du syndicaliste qui y voit plutôt de l’incompétence. Mais, le ministre de la sécurité affirme de son côté ne pas se sentir « incompétent ».

Qu’à cela ne tienne. « On ne les a pas attachés là-bas » et « ils ne sont pas obligés », analyse le secrétaire général de la CGT-B.« Ça fait partie aussi de l’éducation des masses. Je ne peux pas, je démissionne », s’est exclamé le syndicaliste.

A ce stade, estime Bassolma Bazié, il ne faut pas s’asseoir et dire : « moi je suis une culotte. C’est le tailleur qui m’a cousu. Si je suis mal cousu, c’est le tailleur ». Tout ceci, juge-t-il, n’a pas de sens avant d’ajouter que « c’est dramatique ». Et le syndicaliste de conclure que l’important, c’est qu’à tout niveau de responsabilité, les actes posés doivent être tournés vers « ce qui doit rester pour les générations à venir ».

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *