Maroc: 6 travailleurs sur 10 sont sans diplôme

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 Le Haut commissariat au plan a publié le lundi 13 février 2017 un rapport sur le marché de l’emploi marqué par des maux comme la faible qualification des travailleurs, l’insertion difficile, la violation du Code du travail.

Cette étude considérée sur « la qualité de l’emploi en 2016 au Maroc » comme alarmante a été commanditée et publiée par le Haut Commissariat au plan (HCP) du Maroc le samedi 11 février 2017.

La proportion des jeunes femmes de 15 à 24 ans ne travaillant pas, n’étant pas scolarisée et ne suivant aucune formation atteint 44% des jeunes Marocains.

Selon Jeune Afrique, cette étude remet en cause les idées sur la bonne santé de l’économie marocaine, notamment sur son taux de chômage, considéré comme « maîtrisé ». Depuis la politique de l’austérité budgétaire, imposée par le gouvernement socialiste de Abderrahmane Youssoufi (1998-2002), ce taux oscille entre 9 et 10%.

Cette même étude du HCP indique que plus de 60% des personnes actives, dont le nombre dépasse les 10,6 millions, n’ont aucun diplôme. Cette part de la population travaille essentiellement dans l’agriculture, la forêt et la pêche − elle occupe 82,7% des emplois du secteur −, un domaine qui a toujours été au cœur de l’économie marocaine mais qui est aussi connu pour faire appel à des travailleurs saisonniers.

Il est suivi par le BTP, autre abonné au travail saisonnier, qui  fournit des emplois à 64,9% des actifs non diplômés.

Autre réalité inquiétante révélée par cette étude : sur les 10,6 millions d’actifs occupés au Maroc, plus de 2,1 millions exercent un emploi non rémunéré. L’étude du HCP ne dit pas comment ils font pour vivre, ni quel type de travail ils exercent. Si les chiffres sont choquants, ils ne sont pas accompagnés de commentaires qui permettent d’expliquer les raisons de ces dysfonctionnements et de mieux cerner la réalité du marché de l’emploi.

Depuis 2000, le Maroc ne cesse de brandir sa volonté de promouvoir l’emploi des jeunes. Mais la désorganisation qui règne dans certains secteurs de l’économie marocaine, la défaillance de l’enseignement public et l’abandon scolaire ne l’aident pas.

Ainsi, près des deux tiers des salariés marocains, c’est-à-dire, 3 millions, ne disposent pas de contrat qui formalise leur relation avec leur employeur. Une réalité inquiétante, dans un pays où le travail non déclaré continue à sévir malgré les campagnes de redressement menées par le gouvernement auprès des entreprises.

Au manque de transparence des patrons d’entreprise, s’ajoute la quasi-absence d’encadrement syndical et professionnel. La majorité des salariés ne sont pas affiliés à une organisation syndicale ou professionnelle, révèle l’étude du HCP. Ce qui ne permet pas aux employés de protéger leurs droits et d’améliorer leurs conditions de travail.

L’insatisfaction est la chose la mieux partagée chez les travailleurs marocains vivant dans une précarité et qui attendent le changement.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24                                                                                                

Source: Jeune Afrique



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