Produire, transformer et exporter : « C’est cela qui permettra à notre pays de décoller »

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Après une journée de découverte de l’activité sur les différents sites de la vallée du Sourou, le chef du gouvernement s’est dit « émerveillé » par ce qu’il a vu sur les périmètres irrigués de cette province de la Boucle du Mouhoun, encore appelée « grenier du Burkina ». Mais son émerveillement n’exclut pas l’existence de difficultés à résoudre avant de faire de cette vallée un agropole du type Bagrépôle.

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« Je me dis que notre pays est une terre bénie, parce que c’est une terre qui est riche et qui a beaucoup de potentialités », a constaté Paul Kaba Thiéba suite à une visite guidée du périmètre irrigué de 2240 hectares de Di dans le Sourou par le Millenium Challenge Account. Il n’ pas pu cacher ses impressions face à ce qu’il a vu sur ce périmètre.

Et comme tout le programme présidentiel est basé sur le PNDES (Plan national de développement économique et social), le Premier ministre après constatation sur le terrain a laissé entendre qu’il y a là le potentiel et les moyens pour réaliser ce qui est cœur du Plan, à savoir augmenter la productivité et la compétitivité  des filières agricoles. Il y a une raison de plus de procéder à l’augmentation de la production sans éluder le volet transformation avant exportation.

Faire de la vallée du Sourou un agropole tel Bagrépôle

« Je suis émerveillé par tout ce que je vois et tout le potentiel que nous avons et je suis déterminé avec le gouvernement à faire en sorte que, aussi bien à Bagré qu’ici, on puisse poser dans ces zones les bases de l’industrialisation de notre pays », a déclaré le chef de l’exécutif. En effet, le potentiel d’espace aménageable est de 30 000 hectares. Or, seuls 6 500 ha sont mis en valeur par les producteurs.  

Autre chose qui l’a intrigué, ce sont ces camions stationnés çà et là et qui sont sur le point d’être chargés pour exportation. « Ici, on produit mais on ne transforme pas », se désole-t-il.

Robert Ouédraogo, directeur général de l’Autorité de mise en valeur de la vallée du Sourou (AMVS) quant à lui déplore plutôt les difficultés d’accès à la vallée. « Nous sommes là et notre goudron le plus proche est à 120 km. Pour la zone la plus grande aménagée au Burkina Faso, c’est vraiment difficile à concevoir. Cela fait qu’on a des coûts élevés de transport, des pertes énormes de produits et cela rend tous les produits de la vallée très peu compétitifs », égrène le premier responsable la vallée.

Une tendance qu’entend inverser le chef du gouvernement en procédant à la transformation avant exportation pour plus de valeur ajoutée, au regard de l’enjeu. Selon les estimations, la production rizicole annuelle varie entre 7 000 et 9 000 tonnes, le mais à 17 000, les oignons à 65 000 et la tomate à 6 300 en plus des autres spéculations. « L’avenir du Burkina Faso se joue ici et nous mettrons les moyens en termes de politique pour le faire », a-t-il déclaré.

Statut de l’AMVS

Le directeur de l’AMVS a soulevé la question relative au statut actuel de la structure qu’il dirige et qu’il trouve « pas adapté » au type d’activités qui se mènent dans la vallée. L’heure est à la réflexion pour savoir s’il faut en faire une Société d’économie mixte (SEM) tel que c’est le cas à Bagrépôle ou une société d’Etat, des formes d’organisations « beaucoup mieux adaptées » pour mettre en valeur les potentialités de la vallée.

Quelle est votre préférence ?

Selon Robert Ouédraogo, il n’y a nul doute que la société d’économie mixte est une société viable, compte tenu de la présence d’investisseurs privés tout le long de la chaîne avec leurs exigences. La SEM note-il attire « beaucoup » de partenaires. Mais au stade actuel, préconise-t-il, une société d’Etat peut être plus rapide à mettre en place et créer des infrastructures qui vont permettre d’attirer le privé un peu plus tard. « C’est cette forme qui, analyse-t-il, va permettre d’aller plus rapidement vers l’agropole ».

Relevant que le taux d’utilisation du périmètre est de 57% en saison sèche, Paul Kaba Thiéba a instruit le ministre Jacob Ouédraogo de l’agriculture d’y trouver solution de concert avec l’équipe dirigeante de l’AMVS, car dit-il, « l’augmentation de la productivité et la transformation locale des produits locaux par l’industrie, c’est cela qui permettra à notre pays de décoller ».

Oui Koueta

Burkina24

    

 

 

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