Réconciliation nationale : Le CDP plaide pour une « même » justice « pour tous »

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Le thème de la réconciliation nationale en vogue ces derniers mois est l’épicentre des premières journées parlementaires de l’année 2017 du Groupe parlementaire Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti d’opposition. A l’ouverture de ces journées le jeudi 23 février 2017, les groupes parlementaires présents (majorité et opposition) ont tour à tour rivalisé d’arguments dans la défense de leur thèse sur le thème.

Après le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) et la Coalition pour la démocratie et la démocratie (CODER), le groupe parlementaire Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) entend apporter sa vision sur la réconciliation nationale.

C’est ainsi que ces journées parlementaires qui se tiennent les 23 et 24 février 2017 à Yako dans le Passoré ont  pour thème : « Réconciliation nationale : Rôle et contribution du groupe parlementaire CDP ». A écouter le président de ce groupe, le député Alfred Sanou, le développement économique et social du Burkina « impose » aux Burkinabè de se « réconcilier sur fond de vérité et de justice ». Une justice qui, selon lui, « doit être la même pour tous » : opposition et majorité, vainqueurs et vaincus, riches et pauvres, cite-t-il.

« La justice qui dit réellement le droit ou la justice orientée et ciblée vers les personnes qu’on veut détruire ? »

Le CDP dans son entendement n’entend pas prendre de raccourcis. En termes de réconciliation, le parti estime qu’il faut commencer par le dialogue pour aboutir plus tard au pardon. Un pardon, selon Alfred Sanou, qui « ne saurait exclure la justice. La vérité doit être commune à tous et la réconciliation permet à chacun de pardonner », avance le député.

Revenant sur la justice, le président du groupe parlementaire CDP explique que lorsqu’elle « est partiale, sélective ou à plusieurs vitesses, elle devient un élément d’accroissement et d’accentuation de la crise sociale (…). Actuellement, nous sentons qu’il y a des gens qui s’en veulent, qui manipulent la justice pour pouvoir arriver à leurs fins ».

Au-delà des récents évènements (insurrection populaire et coup d’Etat) que le Burkina a traversés, la réconciliation nationale telle que pensée par le CDP ne concerne pas uniquement ces événements, « elle doit s’étendre jusqu’aux indépendances », défend Alfred Sanou.

Dans la même veine, Marie Rose Romée Sawadogo/Ouédraogo, présidente du Groupe parlementaire Paix, justice et réconciliation nationale, proche du groupe CDP, a plaidé pour une réconciliation nationale, gage de « lendemains meilleurs » pour le pays.

Dans son plaidoyer, elle se demande quelle justice est en vigueur au Burkina ? « La justice qui dit réellement le droit ou la justice orientée et ciblée vers les personnes qu’on veut détruire ? », s’interroge-t-elle. Pour Marie Rose Romée Sawadogo/Ouédraogo, les Burkinabè doivent cesser de se regarder en chien de faïence.

« La nation est en état de sommeil, l’économie est au ralenti (…) »

Plus modéré, le groupe Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), représenté par le député Alexandre Tapsoba, table sur l’indépendance de la justice qui permettra « d’assurer la réconciliation nationale ». Selon le représentant du groupe MPP, « la réconciliation est possible ».

De la vie nationale burkinabè, le président du groupe parlementaire Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Alfred Sanou, a dépeint un triste tableau : « la nation est en état de sommeil, l’économie est au ralenti, les dettes publiques sont restées impayées, la gouvernance économique est aux abois ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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