Peinture : Pierre Christophe Gam fait renaître Thomas Sankara, « l’homme intègre »

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A travers son œuvre « L’homme intègre », l’artiste camerounais Pierre-Christophe Gam a libéré son talent de créateur pour rendre hommage à Thomas Sankara, assassiné en 1987 qu’il considère avoir été « trahi par son frère et ami » dont la vie relèverait d’un ordre « religieux ». Il espère par son art, faire renaître le héros qu’il a été et demeure. Le Monde Afrique l’a rencontré au Cap en Afrique du Sud où il présente du 25 février au 5 mars lors de l’Art Africa Fair.

Pierre Christophe Gam est convaincu que si Sankara n’avait pas  été assassiné 37 ans après avoir lancé sa machine révolutionnaire, le Burkina Faso aurait été un laboratoire où ses cinq « grands » travaux auraient pu être exécutés à merveille. Ce sont « Consommez ce que vous produisez », « Bataille du rail », « Education pour tous », « Emancipation de la femme », et « Autosuffisance alimentaire ». Parlant de l’autosuffisance alimentaire, l’ancien rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU Jean Ziegler affirme qu’« il a vaincu la faim », qu’ « il a fait que le Burkina, en quatre ans, est devenu alimentairement autosuffisant ».

Un « martyr » trahi par son meilleur ami

Pour Pierre Christophe Gam, « Sankara était dans une mission sacerdotale avec une pureté radicale qui me fascine ». Quant à sa vie, elle est « de l’ordre du religieux ». Il le considère de ce fait comme  « un martyr, un prophète qui a été trahi par son frère et ami ». Les slogans de Sankara tel « Consommons ce que nous produisons » ont valeurs de motto (devise) et devraient demeurer d’actualité pour l’atteinte d’une véritable indépendance du continent vis-à-vis de ses partenaires rien que sur le seul plan alimentaire.

Et de l’avis de l’historien Amzat Boukari-Yabara, c’est pour y parvenir que Thomas Sankara se montrait « hostile » aux interférences américaines et européennes dans les affaires africaines, de même que critiquer le « pseudo-africanisme » de l’OUA devenu UA. C’est parce qu’il estimait que « les Africains doivent réapprendre à aimer leur continent et à en être fiers », écrivait l’historien in Africa Unite ! (La Découverte, 2014).

De la description des tableaux peints

Selon la description du reporter de Le Monde Afrique, on croise sur l’expostion de l’artiste une ancienne première dame du Burkina Faso, pulpeuse et lascive, une bouteille de champagne remplie de sang à la main. On y reconnaîtrait également la silhouette de Blaise Compaoré, l’ami, soupçonné d’avoir joué un rôle dans l’assassinat de Sankara à qui il succédera à la tête du Burkina Faso.

Sur une autre œuvre, l’on peut discerner toujours selon le reporter du Monde Afrique, le visage « fermé » de Félix Houphouët-Boigny, le profil « concentré » de François Mitterrand et le physique de mercenaires blancs distribués dans les tentacules d’une pieuvre machiavélique qui incarnerait selon certains la Fançafrique.

L’artiste qui voit dans le parcours du révolutionnaire un ordre religieux aurait même peint un sosie de Thomas Sankara crucifié. « Je traite ces bouts de vie de Thomas Sankara comme des Evangiles apocryphes », a expliqué Pierre-Christophe Gam depuis Le Cap en Afrique du Sud, ce pays  où Nelson Mandela un autre combattant de la liberté a payé au prix fort son engagement pour une société plus égalitaire.

Synthèse de Oui KOETA                         

Burkina24

Source : lemonde.fr/afrique

Oui Koeta

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