25 éditions de FESPACO et toujours pas de réalisatrice Etalon de Yennenga

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En attendant le verdict du jury de la 25ème édition du Festival panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), Youma Fall, la directrice « Langue française, culture et diversités » à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) espère voir récompenser enfin une femme après un quart de siècle de célébration du cinéma africain dans la capitale burkinabè.

Dix-neuf (19) productions de 12 pays et dans trois catégories (longs-métrages, documentaires et  séries) sont soutenues par l’OIF au cours de cette 25ème édition du FESPACO. L’organisation a investi 400 000 euros dans la production ou la finition de ces différentes productions.

A cela s’ajoutent les 100 000 euros d’accompagnement pour la présente édition. Une somme que Youma Fall, principale animatrice de la conférence de presse ce lundi 27 février, a jugé non « négligeable vu les temps qui courent ». La directrice « Langue française, culture et diversités » a également partagé son souhait de voir l’une de ces productions être primée le samedi, date prévue pour les récompenses.

Et si elle laisse entrevoir son espoir, c’est que relève-t-elle, le long-métrage « Félicité » du Franco-sénégalais Alain Gomis et le documentaire « L’arbre sans fruit » de la Nigérienne Aicha Macky ont déjà connu un succès hors du continent. En effet, « Félicité » d’Alain Gomis a été primée à la dernière Berlinale en Allemagne et « L’arbre sans fruits » de Aicha Macky, aux AMAA 2016 et au Golden Tree Festival de Francfort. « Nous avons le droit d’espérer, parce que certains de ces films ont déjà été primés avant de venir au FESPACO 2017 », remarque Youma Fall, qui espère que la moisson sera comparable à l’édition précédente « avec beaucoup de récompenses ».

Mais ce qui la réjouirait le plus, c’est de savoir que le temps d’attente avant de voir tomber la première récompense ne sera plus long comme cela a été le cas avec le Festival de Cannes et les Oscars aux Etats-Unis.  “Je crois qu’il n’y a pas une façon féminine de tenir une caméra, d’écrire son scénario“, dit-elle. 

La Francophonie, parrain des poulains de Yennega.

« En 70 ans d’existence du festival de Cannes, il y a eu une seule femme qui a été Palme d’or. Même chose pour les oscars. En 88 ans, il y a eu une seule fois une femme », rappelle Youma Fall. En effet, ce n’est qu’en 1993 que Jane Champion a obtenu la Palme d’or. Quant aux Oscars qui existent depuis 1929, le prestigieux prix Oscar du meilleur réalisateur a été décerné à Kathryn Bigelow, 58 ans, réalisatrice de Démineurs, un film d’action sur une unité de démineurs opérant en Irak. « Le FESPACO n’a que 25 éditions. On attend toujours la femme et on espère que pour la 25 ème édition, on va avoir une femme. Comme cela, on ne va pas attendre 70 ans ou 88 ans », dit-elle.

En attendant que le jury du FESPACO 2017 tranche, Youma Fall mène fièrement son « marketing » en faveur des quatre réalisatrices soutenues par l’OIF dans cette édition. Il s’agit du documentaire « L’arbre sans fruit » d’Aicha Macky (Niger), le long-métrage fiction « Frontières » d’Apolline Traoré (Burkina Faso), les séries-fiction « Les Chenapans » de Christiane Chabi-Kao (Bénin) et « Sœurs ennemies » de Erico Sery et Yurandy Pereina-Sodré (Côte d’Ivoire/Brésil). Partant du motif qu’il est « important de soutenir la relève », l’OIF, parrain pour le palmarès de l’Etalon de Yennega, augmente son soutien aux lauréats de 10 000 euros à 15 000 euros.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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