FESPACO 2017 : Wùlu, dans le dédale initiatique du trafic de drogue

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« Wùlu », le film du Malien Douada Coulibaly, met à nu les dérives de la société moderne. Projeté ce lundi 27 février, il est en compétition officielle long métrage au FESPACO 2017.

« Wùlu » en langue Bambara a un double sens. Le terme renvoie au 5e degré d’initiation dans le « N’tomo », au Mali, le dernier des cinq niveaux qui permet de valider l’initiation, et « celui-là même qui permet à l’homme de trouver sa place dans la société ».

« Dans la société bambara, on n’est pas homme parce qu’on a un corps. On est un homme parce qu’on se comporte de telle manière qui fait qu’on mérite d’être appelé un homme», explique Daouda Coulibaly, l’auteur du film.

Sous l’angle péjoratif dans le langage parlé bambara, « Wùlu » veut dire le chien. « Quand on traite quelqu’un de chien, ça veut dire un homme sans scrupule », dit-il.

Le réalisateur fait un parallèle avec le « Wùlu » initiatique et le « Wùlu », le chien, la dépravation, les deux sens incarnés par le personnage principal, l’acteur Ibrahim Koma.

Ladji, le héros du film, va passer par toutes les étapes de l’initiation au trafic de drogue. Au départ, jeune rabatteur pour les conducteurs des minibus à Bamako et respectueux des valeurs traditionnelles, il rentre dans un réseau de trafic de drogue à la recherche d’un mieux-être.

Drogue, sexe, meurtre, terrorisme, corruption, népotisme deviennent le lot quotidien du jeune homme.

Le réalisateur met en exergue le trafic de drogue qui pour lui a contribué à entretenir le conflit dans son pays le Mali. Il pousse plus loin en dénonçant le fait que ce trafic va au-delà des criminels et implique certaines autorités de la place.

« Je ne voulais pas mettre ce fait de côté. Il faut apprendre à traiter les sujets sans concession », a-t-il laissé entendre.

Premier long métrage de Daouda Coulibaly, « Wùlu » dont la grande première a eu lieu à Bamako en décembre 2016,  compétit aux côtés de 19 autres longs métrages à la 25e édition du FESPACO qui se tient du 25 février au 4 mars 2017 pour l’Etalon d’or du « Yennenga ».

Revelyn SOME

Burkina 24

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