Terrorisme au Burkina : “On n’est pas dans une logique de défaite” (Sams’K Le Jah)

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Sams’K Le Jah est un acteur actif de la société civile burkinabè et membre du mouvement Balai Citoyen. Le nord du Burkina Faso est l’objet d’une série d’attaques par des terroristes. Voici ce que l’artiste en pense.

Sams’K Le Jah a une bonne impression sur le nord du Burkina Faso. Il y était il y a quelques années, notamment dans les localités de Gorom-Gorom et d’Oursi. « C’est un endroit super bien, contrairement à ce que beaucoup de gens peuvent penser. Mais actuellement, c’est difficile. Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il y a un manque de perspective et d’espoir», a-t-il précisé.

Il estime que très souvent, certains actes se posent parce qu’il y a des incompréhensions et de mauvaises analyses. Selon lui, c’est pour cela qu’on encourage les peuples à se rencontrer et à se parler. « Quand on se parle, on se découvre et on se rend compte de certaines bêtises qu’on aurait pu éviter »,  a indiqué Sams’K Le Jah.

 Le manque d’informations et de perspective peut pousser à la radicalisation, croit-il. Pour lui, si chaque leader dans son coin peut apporter un message de réconfort, engager des sujets sans frustrer l’autre, cela va permettre aux gens de se retrouver.

« Ceux qu’on appelle des djihadistes, c’est d’abord des enfants qui sont nés,  qui ont reçu une certaine éducation. Si à un moment, on dévie c’est parce que quelque chose a manqué dans la chaîne de l’éducation », renchérit-il. A l’écouter, il est important que les gens apprennent à se parler sans toujours chercher à montrer qui est plus fort que l’autre.

L’artiste pense aussi que le sort du nord doit préoccuper l’ensemble du peuple burkinabè. Concernant l’enlèvement du Dr Eliott, il martèle qu’« aujourd’hui peu de Burkinabè  s’en émeuvent ». Il ajoute que l’heure est à l’union. “Il faut des actions communes. Ce n’est pas le moment de se diviser et de s’entre-déchirer“, dit-il. 

Sams’K Le Jah garde sa confiance aux forces de défense et de sécurité et il appelle la population à en faire de même.  « Ils prennent du temps mais ils vont trouver la meilleure solution. Un Burkinabè normal ne peut pas dire que le Burkina Faso a perdu le nord. C’est une vison défaitiste or on n’est pas dans une logique de défaite »,  a ajouté le leader du Balai Citoyen. 

Cela n’exclut pas néanmoins de faire des analyses et de se poser des questions. Et il formule l’une d’elles en ces termes : « Il y a de petits soucis parce que dans ce même nord, il y a des sites miniers qui ne sont pas attaqués».

Jules César KABORE

Burkina 24

 

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