Zakaria Guengané : « On n’est pas attaqué par Malam Dicko… »

Zakaria Guengané a été professeur d’anglais pendant 5 ans à Djibo, dans le Soum. Elève conseiller pédagogique de l’enseignement secondaire à l’Ecole normale supérieure de Koudougou aujourd’hui, il garde un œil sur la situation sécuritaire au nord du Burkina. Il pense surtout que Malam Ibrahim n’est pas le véritable ennemi du Burkina. Ce n’est qu’une sorte de prête-nom.

Malam Ibrahim, après s’être nourri au sein de son pays le Burkina puis à celui de l’extrémisme violent au Mali, est revenu dans la partie nord de sa terre natale avec l’ambition d’y détruire les fondements de la République et de la nation afin d’installer sa vision. Cela s’est traduit par des menaces et des agressions à l’intention des enseignants dont nombreux ont fini par abandonner élèves et écoles.

Pour Zakaria Guengané, responsable adjoint chargé de la presse à l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ), « c’est leur plein droit » car il est impossible de servir l’Etat si les conditions de sécurité ne sont pas garanties.  « Si l’Etat me dit d’aller, je vais y aller. Mais je ne suis pas un agent de sécurité. Il faut qu’on me garantisse que j’ai la sécurité optimum pour servir mon pays », dit-il.

Mais l’ancien professeur d’anglais a la conviction que Malam Ibrahim n’est pas le véritable ennemi du Burkina. Il évoque la possibilité que le terroriste en chef ne soit que le bras armé d’un coupable insoupçonné. Et Gueng Zak, comme on l’appelait au lycée de Garango  du temps où il menait, en tant que délégué général, la lutte pour la lumière sur l’assassinat de Norbert Zongo, balaie du revers de la main l’explication du terrorisme généralisé et du supposé acoquinement immunisant de Blaise Compaoré avec les terroristes à l’époque.

Il accepte cependant que le délaissement du Sahel est un terreau fertile. A ce propos, Zakaria Guengané rappelle qu’une affectation à Dori était synonyme de sanction pour les fonctionnaires.

« Le Sahel Burkina,  le prochain paradis »

Néanmoins,  il faut voir plus loin. Et il l’explique en ces termes :

« Le Sahel Burkina, tout comme le Sahel africain, c’est l’eldorado, le prochain paradis et les Occidentaux, nos puissances anciennes et nouvelles, puisque nous sommes dans la néo-colonisation, ont une vision futuriste.

Même si aujourd’hui, ils ne sentent pas les traces du pétrole, ils savent qu’un jour, ça pourra apparaître là-bas. Et pour des questions de positionnement, d’accaparement, de domination, ils travailleront à avoir la main mise sur nos pays, soit en manipulant des gens qui cherchent une sécession ou en les armant ».

De plus, il a une autre interprétation de l’aide apportée sur le plan international. « Quand j’entends le Général Sadou (le chef d’état-major général des armées, NDLR) qui dit qu’on n’a pas les moyens, cela veut dire qu’on va attendre les moyens de ceux qui nous donnent toujours. Et quand l’Occident vous amène les armes, vous ne pouvez pas un jour lui dire de quitter », argumente-t-il.

« On n’est pas attaqué par Malam Dicko »

« Il faut que les gens fassent une lecture politique, ajoute-t-il. On n’est pas attaqué par Malam Dicko, mais peut-être quelqu’un d’autre par devers lui. La lutte ne doit pas être au niveau de Malam Dicko seulement. C’est une lutte de libération ». Et cette libération viendra des Burkinabè eux-mêmes. C’est pour cela que l’enseignant trouve un début de solution avec les Koglweogos.

Reconnaissant qu’ils ne sont pas exempts de reproches, il estime néanmoins, eu égard aux actes déjà posés, qu’ils «peuvent faire le travail en attendant que le peuple prenne ses responsabilités ». Et cela, avec l’appui des forces de défense et de sécurité.

Abdou ZOURE

Burkina24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

5 commentaires

  1. Très bien vu monsieur le conseiller GUINGANE. Il est temps que nous sachions véritablement d’où viennent nos malheurs pour savoir les solutionner. Courage aux populations dans leurs luttes pour mettre fin au néo colonialisme avec son corollaire d’insécurité grandissante, dont les grands perdants sont les masses laborieuses.

  2. si il n’a rien à dire qu’il se taise, foutaise. Ce commentaire nous apporte quoi?

  3. le monde sahel est naturellement pauvre et riche.Pauvre par la végétation et le climat défavorable d’après les humains.Riche très riche on le sait,en sous sol peut être.En ce qui concerne le sahel du Mali du Burkina du Niger …c’est le même sol.Chaque pays du pôle Nord ou sud a naturellement une partie favorable et une défavorable.Pour dire le sahel burkinabè est défavorable sur le plan politico-administratif.Autrement parlant l’Etat burkinabè depuis la nuit des temps a oublier cette partie indispensable pour le pays.En tant que patriote cela me révolte et en tant que sahélien du nord Burkina j’agis et je me bat contre ma nation.Un rappel la population de ce sahel a manifesté un mécontentement en les écoutant on les frappes par les hommes armés du même pays.Et maintenant on les demande une collaboration avec les executeurs,bon c’est possible.On dit celui qui a défequé oublie mais ce lui qui a piétiné s’en souvient.Avec l’éveil des générations le colonisateur se sent ménacé c’est à lui de consolider à sa manière.c’est une récolonisation ou colonisation 2ème vague.Nos élus ont été toujours nos ennemies ils crés des ennuis aux peuples pour les faire taire.Le Burkina a besoin de son vrais citoyen de coeur et d’esprit.

  4. L’AFRICAIN N’est pas fier d’être AFRICAIN et il rejette son frère africain pour accueillir l’homme blanc qu’il voit comme un ange sauveur mais en réalité un ange bruleur . l’ AFRICAIN abandonne son AFRIQUE POUR ALLER à la terre BLANCHE, l’africain tue l’africain pour servir le blanc à cause de l’argent . L’africain est le premier ennemi de son AFRIQUE; chers Africains ,NE ME JUGEZ PAS MAIS JUGEONS NOUS MÊME.

  5. Je valide. C’est une lecture simple, mais néanmoins véridique. C’est l’approche que Tom Sank avait de simplifier les problèmes complexes. Nos gouvernants le savent bien mais on se demande s’ils sont attachés ou impuissants.
    C’est encore plus dommage parce que les occidentaux trouvent toujours des valets locaux pour dérouler leur stratégies. Quand vous voyez les guerres avec les arabes en Asie, ne vous leurrez pas, la religion est ce qui est servie comme prétexte, mais les véritables raisons sont géostratégiques. mais les arabes se battent à mort contre eux.
    Laurent BADO a raison de nous traiter de moutons. Mais cela n’est pas uniquement valable pour le Burkina, mais l’Afrique subsaharienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page