Attaque de Yimdi : «Si je n’étais pas d’accord, je n’allais pas être là-bas»

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Le procès des présumés auteurs de l’attaque de la poudrière de Yimdi a débuté le mardi 28 mars 2017. Après le débat de la forme, celui du fond a commencé le même jour avec l’appel d’un accusé à la barre avant la suspension. Repris le mercredi 29 mars, ce sont 5 accusés qui sont passés relater leur version dans cette affaire devant le tribunal. Portant ainsi à 6, le nombre d’inculpés passés à la barre sur 22 accusés au total.

Cinq accusés sont passés à la barre ce mercredi 29 mars 2017.  Le soldat de première classe Kam Ollé Bienvenu est poursuivi pour complot militaire, désertion à l’étranger en temps de paix et complicité de vol aggravé.

L’inculpé Kam Ollé affirme avoir quitté le Burkina après un « appel » à la gendarmerie. Selon ses dires, c’est son chef qui l’a appelé au téléphone pour lui dire d’aller répondre à la gendarmerie.

«Si je n’étais pas d’accord, je n’allais pas être là-bas»

Ne connaissant pas ce pour quoi il est appelé, Kam Ollé Bienvenu dit avoir préféré quitter le Burkina pour la Côte d’ivoire en passant par le Ghana, en compagnie du défunt Sergent Yougbaré Alassane.

Pour l’attaque de Yimdi, Kam Ollé Bienvenu affirme avoir été contacté par le Sergent chef Sanou Aly qui lui aurait proposé d’attaquer la poudrière de Yimdi. A ce propos, l’inculpé a déclaré :  «Si je n’étais pas d’accord, je n’allais pas être là-bas». Il reconnaît être resté pour « garder » les engins de « ceux qui sont allés à Yimdi ».

A son tour, le  caporal Drabo Hamidou, concernant l’accusation de désertion, reconnaît avoir quitté le Burkina sans titre pour la Côte d’Ivoire en passant par le Ghana. Il s’explique : « J’ai quitté le territoire pour gagner ma vie. Les éléments de Zida ont tiré dans le camp (Naaba Koom ll) pour semer la zizanie. Ils voulaient tuer le général Diendéré ».

Aussi, ajoute-t-il, « j’ai été menacé de mort. Les éléments du général Zida me menaçaient ». Drabo Hamidou cite le caporal Ag, Nebié et Delwendé, sans dire plus.

Concernant l’assaut sur la poudrière de Yimdi, le caporal Drabo Hamidou affirme n’avoir pas refusé d’y participer « par peur »  pour sa vie, ne connaissant pas les intentions du Sergent chef Sanou Aly. Selon l’accusé, c’est sur le pont de Boulmiougou à 22h que le Sergent chef Sanou Aly l’a informé de l’attaque de Yimdi.

A la fin de son interrogatoire, l’accusé Drabo Hamidou relate qu’il a fait l’objet de « tortures » par la gendarmerie de Léo. « Déshabillé, frappé, mettre dans banquette nu pour amener à Ouagadougou », a-t-il expliqué.

Outre les tortures, il a subi, dit-il, des injures de toute sorte. Le caporal Drabo a comparu en tenue civile car ayant été rayé des forces armées nationales le 6 octobre 2015 pour « absence irrégulière ».

« J’ai peur de zida, je n’ai pas peur des éléments de Zida»

Le soldat de première classe, Zouré Boureima a  été le 4e accusé à la barre. Il est poursuivi pour complot militaire et désertion en temps de paix. Pour la désertion en temps de paix, il reconnaît avoir quitté le Burkina après le coup d’Etat de septembre 2015 pour la Côte d’Ivoire en compagnie de Sanou Aly parce qu’il avait peur pour sa vie. Il argue des menaces de la part de Zida et de ses éléments. « J’ai peur de Zida, je n’ai pas peur des éléments de Zida», dit-il.

A la gendarmerie, relate le soldat Zouré qui se dit illettré, « ils (les gendarmes) ont écrit et ils m’ont dit de signer et j’ai signé », parlant des procès-verbaux.

L’accusé ne  reconnaît pas par contre le fait de complot militaire. Le soldat Zouré affirme n’avoir participé à aucune réunion ni action d’attaque de la poudrière de Yimdi.

Le dernier à passer à la barre ce 29 mars, le sergent Couldiati Salif n’a pas reconnu les faits de complot militaire, désertion en temps de paix, détention illégale d’armes, vol aggravé et violences et voies de fait sans ITT.

L’audience a été suspendue ce mercredi peu avant 17h pour reprendre ce jeudi 30 mars 2017, toujours avec le débat de fond.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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