Claude Wetta : «La corruption a peur de la lumière et de l’information »

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La loi d’accès à l’information intéresse certainement le Réseau national de lutte contre la corruption (RENLAC). Cette structure engagée dans le combat pour la transparence dans la gouvernance rédige chaque année des rapports sur l’état de la corruption au Burkina et fait également des révélations sur des faits de corruption. L’investigation est donc prévue dans ses prérogatives. Le RENLAC rencontre-t-il des difficultés dans la récolte de ses informations ? La loi d’accès à l’information a-t-elle un impact sur son travail ? Réponse avec son secrétaire exécutif, Dr Claude Wetta. 

Burkina24 (B24) : Le Conseil national de la transition a voté plusieurs lois parmi lesquelles figure  la loi 051 2015/CNT portant mise en œuvre du droit d’accès à l’information publique et aux documents administratifs. Que savez-vous de cette loi ?

Claude Wetta (C.W) : Nous avons toujours défendu le principe pour les journalistes et les chercheurs d’avoir accès à l’information au niveau de l’administration publique. Il y a des gens généralement qui ne vous disent  pas qu’ils ne vont pas vous donner  l’information. Mais il y a un certain nombre de barrières qu’ils mettent pour que les gens ne puissent pas avoir accès à l’information.


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Si vous arrivez dans une administration  et demandez de l’information, on vous dira d’écrire à un responsable. Vous écrivez la lettre et pour avoir une réponse à la lettre, c’est déjà un problème. On ne répond pas à votre lettre et vous n’avez pas accès à l’information. Nous nous sommes donc réjouis quand cette loi est arrivée.

B24 : Comment cette loi pourrait participer au renforcement de la lutte contre la corruption au Burkina à votre avis ?

C.W : Ce qu’on dit généralement, c’est que la corruption a peur de la lumière et de l’information. Tant que les choses sont dans l’ombre, tant que les choses se font entre deux individus, entre quatre murs, la corruption est à l’aise. Quand vous (journalistes) donnez l’information, vous donnez la lumière sur un certain nombre d’évènements.


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Dès que l’information est rendue publique par les journalistes en général, cela peut effectivement aider à la lutte contre la corruption (…). 

Quand vous prenez l’affaire de Guiro, l’ONATEL, c’est l’information qui a permis aux organisations comme les nôtres de pouvoir agir mais aussi à la société à travers les réseaux sociaux de pouvoir réagir. Si vous prenez l’histoire des tablettes, c’est l’information qui a permis de mettre le projecteur sur l’évènement et ensuite les gens s’en sont emparés. 

Mais quelquefois, les journalistes avec leurs informations, soit ils vont trop loin soit quand ils sont engagés dans un camp ou un autre, peuvent créer des soucis. L’information, c’est bien, il faut  la traiter de façon objective.


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B24 : Rencontrez-vous des difficultés  pour avoir accès à l’information publique ou aux documents administratifs pour justifier de la transparence ou non, dans la gestion des ressources publiques par nos gouvernants ?

C.W : L’information, on l’a difficilement. Il y a des documents officiels. Par exemple, lorsque le ministère des finances publiques publie ou arrête le budget, ces informations sont disponibles.

Mais ce n’est pas ces informations qui posent problème parce qu’une fois que le budget est adopté, il faut l’exécuter. Et entre le budget adopté et le budget qui est exécuté, en général il y a une marge. Et donc normalement, ce sont les administrations qui exécutent le budget qui peuvent nous donner  les informations.


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C’est toute la chaîne de la dépense publique qui permet d’avoir les informations. Or c’est généralement là où il y a le plus de secret parce qu’il y a un certain nombre de procédures qui doivent permettre à un moment donné de signer des chèques pour ceux qui doivent travailler.

Il y a le trésor qui est impliqué au bout de la chaîne. Mais avant le trésor, il y a les marchés publics. Dans tous ces domaines, c’est extrêmement difficile d’avoir les informations.

Propos recueillis par Irmine KINDA

Burkina24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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