Croissance économique : “Les chiffres, on peut toujours en débattre” Me Gilbert Noël Ouédraogo

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Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba face aux Parlementaires le vendredi 14 avril 2017 a présenté un visage luisant du développement au Burkina. Pour preuve, indique-t-il, la croissance économique est repartie à la hausse en 2016 avec un taux de progression du PIB réel de 6,2% contre 4% en 2014 et 2015. « Je peux donc vous affirmer que notre pays redémarre (…). Le Burkina Faso est en marche », insiste le Premier ministre. Ce samedi 15 avril 2017, des hommes politiques se sont prononcés sur le Discours sur la situation de la nation.

Philippe Ouédraogo, président du Parti pour la démocratie et le socialisme/Parti des bâtisseurs (PDS/Metba) proche du pouvoir en place s’est attaqué d’abord au format de l’exposé du Premier ministre Paul Kaba Thiéba qu’il a trouvé « très long », contribuant ainsi, dit-il, « à tous ceux qui veulent être critiques » d’y avoir les détails.

De l’indication de la croissance économique annoncée par le Premier ministre, Philippe Ouédraogo fait ressortir deux aspects. Il y a la réalité des faits, dit-il, qui sont mesurés par des indicateurs et qui peuvent permettre de rendre compte de l’évolution de la situation dans les différents secteurs économiques et il y a l’effet de cette évolution sur la situation réelles des gens, « sur le panier de la ménagère et sur le dynamisme de l’économie ».

Mais, note-t-il, « beaucoup de gens se plaignent du fait que la vie continue d’être dure, que les revenus ne sont pas sensiblement augmentés, et que les prix continuent à évoluer en hausse ». Alors, selon le président du PDS/Metba, si les évolutions positives qui ont été mentionnées par le Premier ministre se poursuivent, « nous allons certainement le ressentir dans notre vécu quotidien et certainement dans le panier de la ménagère », fait-il remarquer.

Contrairement à Philippe Ouédraogo, Me Gilbert Noël Ouédraogo, président de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), parti d’opposition propose d’interroger les Burkinabè. « Les chiffres, on peut toujours en débattre. Moi, c’est la réalité. Au-delà des chiffres, demandons au Burkinabè lambda, quelle évolution a-t-il sentie ? », préconise Me Ouédraogo.

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Pour ce dernier, il est loisible de voir de que « la situation nationale est assez difficile » et prend-t-il en témoin, « la grogne sociale et la vie chère ». De la croissance économique, Me Ouédraogo dit ne pas la ressentir dans le panier de la ménagère ni de manière pratique. « La réalité, c’est qu’il y a des difficultés sérieuses au niveau du pays », poursuit-il.

Adama Kanazoé, président de l’Alliance des jeunes pour l’indépendance et la république (AJIR), formation politique de la majorité, quant à lui, affirme n’avoir « pas perçu son discours comme un discours qui peignait seulement en rose tout ce qui se passe au Burkina, mais comme un discours optimiste, offensif, opiniâtre, celui d’un fils du Burkina Faso, qui veut le bonheur de ce peuple ». Pour lui, il serait difficile qu’un dirigeant burkinabè ne se rende pas compte des difficultés que les Burkinabè vivent, mais précise-t-il, « ces difficultés datent d’il y a plusieurs décennies ».

Pour le président de l’AJIR, pendant longtemps, les politiques ont eu des approches conjoncturelles qui n’ont jamais réglé le problème de développement. « Il s’agit aujourd’hui, d’apporter une solution structurelle et le PNDES est cette solution », conseille-t-il.

Philippe Ouédraogo recommande quant à lui, de laisser du temps à cette reprise de l’activité économique pour que les effets dans la vie quotidienne des Burkinabè soient visibles. « Ce n’est pas l’action ou l’activité du pouvoir ou du gouvernement en un an qui va automatiquement se traduire positivement dans le vécu quotidien des gens », avance le président du PDS/Metba.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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