Le ministre de la sécurité « demande gentiment » aux policiers de reprendre le travail

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Le ministre d’Etat, ministre de la sécurité Simon Compaoré  a rencontré les éléments de la police, auteurs du mouvement d’humeur du mardi 18 avril 2017. Accompagné de ses proches collaborateurs, il n’y a pas eu d’échanges au sens strict du terme entre les frondeurs et leur ministre le mardi. Simon Compaoré a tenu seul le micro, près d’une heure de temps, le passant quelques fois à ses collaborateurs pour des apports jusqu’à la fin de la rencontre.

Certains éléments de la police qui avaient fait le blocus au Groupement des compagnies républicaines de sécurité étaient bien présents dans la grande salle de l’Ecole nationale de Police, mais n’ont pas eu droit à la parole.

Le ministre de la sécurité, Simon Compaoré, a fait un come-back pour reparler de la réunion qu’il a eue le dimanche 16 avril 2017, jour de Pâques, sur « la terrasse de son père », avec la délégation des frondeurs.

Le ministre a encore une fois manifesté son mécontentement sur la manière dont les revendications lui ont été présentées. En effet, les éléments de la police avaient demandé et demandent toujours le relèvement du Directeur général de la Police (en mission, il a été représenté par son adjoint lors de la rencontre de ce mardi) de sa fonction  et la transparence dans la gestion des services payés.


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Sur les services payés, le ministre a annoncé qu’une mission est déjà sur le terrain depuis 18 jours dans les 13 régions pour faire le point afin de produire un rapport qui sera rendu public. Quant à la première revendication, l’éviction du DG de la police nationale, le ministre l’a survolée.

Pour ce qui concerne les services payés, Simon Compaoré a rappelé aux policiers présents dans la salle, que leur mission première, c’est ce pour quoi ils ont été recrutés : « assurer la sécurité dans les villes et dans les campagnes ». Il a appelé les policiers frondeurs à rejoindre les postes dès demain (mercredi 19 avril). « Ceux qui n’ont pas été au travail, je vous demande très gentiment de reprendre le chemin du boulot demain. Si vous refusez, je serai obligé de dire que vous avez été absents », explique le ministre de la sécurité.


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Aussi, Simon Compaoré dit réserver des sanctions pour les « chefs » indélicats. Pour avoir intimé la fin des retenues sur les services payés pour compter du 1er avril, le ministre d’Etat tonne : « Si à la fin du mois, je vois sur un tableau qu’on a affiché des services payés avec une retenue, le chef qui aura fait ça, je l’enlèverai immédiatement. Si je ne peux pas l’enlever, je verrais ce que je peux faire ».

« Ils sont en train de sucer le sang des éléments »

N’ayant pas eu accès au micro dans la salle, c’est dehors, sous un nimier, qu’un policier nous relate les conditions de vie de ses collègues tout en exposant les cas « de détournements » de leurs frais de mission. Le policier rassure qu’ils rempliront leur rôle républicain. Mais pour ce qui concerne les services payés dit-il, « tant qu’il n’y aura pas de contrat authentique, aucun service privé ne sera fait ».


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A en croire le policier, le directeur de la police signerait des contrats verbaux et de gré à gré. « La police, c’est une société de gardiennage ? », demande-t-il avant de poursuivre : « Un DG qui ne dit pas la vérité, nous n’en voulons pas ! ». Selon lui, « ils sont en train de sucer le sang des éléments ». 

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

 



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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