Affaire CIMFASO : Les révélations du Procureur

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Le désormais dossier en instruction au tribunal de grande instance de Ouagadougou, celui du ministère public contre Kanazoé Inoussa et plusieurs autres a commencé suite aux révélations faites par le « Courrier confidentiel » dans sa parution n°124 du 25 janvier. L’affaire, depuis une semaine, fait les choux gras de la presse et tend à devenir source de tension entre les commerçants et la justice. Le lundi 24 avril 2017, Maïza Sérémé, le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou était face à la presse pour délivrer « sa vérité » sur cette affaire.

L’interpellation de Kanazoé Inoussa et de certains de ses collaborateurs dont Kaboré Inoussa, Tapsoba Poko, Kaboré Seydou, Kaboré T. Hermann et Ilboudo Vincent, ont été mis aux arrêts et gardés à vue le mercredi 19 avril 2017 après l’exploitation d’un rapport d’expertise de gestion de la société Cimenterie du Faso (CIMFASO) contenant des informations sur des faits infractionnels. « S’il y a lieu que d’autres personnes soient inculpées, ces personnes seront inculpées », insiste Maïza Sérémé.

« Ils ont été logés dans des villas climatisées à Paspanga »

A la suite de cette exploitation, explique le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, Maïza Sérémé, la Compagnie de gendarmerie du Kadiogo a été saisie aux fins de procéder à une enquête sur « la base des infractions de faux et usages de faux, d’abus de confiance aggravé, de tromperie du consommateur, de fraude fiscale et toutes autres infractions que l’enquête viendra à révéler ».

Le lundi 24 avril 2017, excepté Kanazoé Inoussa « qui s’oppose pour l’instant à son déferrement », les susnommés ont été déférés et un juge d’instruction a été saisi par réquisitoire introductif, des faits : « de faux en écriture de commerce, d’usage de faux en écriture de commerce, de tromperie du consommateur, de fraude fiscale, de l’abus de confiance aggravé, de l’usage frauduleux de numéro IFU, du blanchiment de capitaux, des actes de complicité ».

Société fictive appartenant à M. Kanazoé : « L’Etat a perdu des milliards par ce seul acte » 

« Les fraudes remontent à plusieurs milliards de Francs CFA. Par exemple, pour la construction de l’usine CIMFASO, un contrat a été passé avec une société fictive (CGE) qui appartiendrait à M. Kanazoé. Cette société n’a pas eu à construire l’usine.

M. Kanazoé est passé par d’autres moyens pour construire l’usine, alors qu’il y a eu des factures, des montants qui ont été payés à cette société fictive créée par M. Kanazoé. Ces montants n’ont pas fait l’objet d’impositions ou de taxes. Si l’Etat devait recevoir des taxes, ça remonterait à plusieurs milliards, selon le rapport produit. L’Etat a perdu des milliards par ce seul acte ».

 Maïza Sérémé, le 24 avril 2017

Du fait de « tromperie du consommateur », Maïza Sérémé explique que l’enquête a établi que du ciment avarié a été mis sur le marché, ou que du ciment n’ayant pas été produit par CIMFASO, a été vendu sur le marché, dans des sacs conditionnés CIMFASO. A propos de la fraude fiscale, les enquêtes ont révélé une comptabilité et un bilan financier inexacts.

Depuis le début de l’affaire, il a été reproché à la gendarmerie d’avoir fait usage d’une force excessive lors de l’interpellation des suspects. A ce propos, le capitaine Lompo Youmandia de la Compagnie de gendarmerie du Kadiogo explique que « contrairement à ce qui a été entendu, il ne s’agit pas d’une opération anti-terroriste, il ne s’agit pas d’une arrestation musclée, il ne s’agissait pas d’une mission exécutée par une trentaine d’hommes ».

Selon le capitaine Lompo, la mission a comporté en tout et pour tout, 11 éléments dont 3 officiers de Police judiciaire, 2 éléments de la Police technique et scientifique et une équipe d’intervention légère composée de 7 éléments. Et poursuit-il, « par mesure d’humanisme, nous les avons permis d’embarquer dans leurs propres véhicules, véhicules dans lesquels nous avons adjoint un de nos éléments et leur permettre de nous suivre en toute dignité au camp Paspanga où ils ont été gardés dans des conditions nettement meilleures ».

« Si nous avions cédé, ce soir, je serais multimilliardaire »

Et à Maïza Sérémé d’ajouter : « Nous n’avons nullement cherché à humilier qui que ce soit, aucun d’eux n’a été menotté. Ils ont été logés dans des villas climatisées à Paspanga ».  Le capitaine Lompo révèle également avoir subi toutes sortes de pressions. Le monde économique a multiplié les tentatives, dit-il. « Nous sommes partis avec des propositions de plusieurs centaines de millions et nous avons même passé le cap du milliard. C’est dire que si nous avions cédé, ce soir, je serais multimilliardaire. Mais en bon intègre, nous ne mangerons pas de ce pain », avance le capitaine.

Le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou rassure que ces actes de corruption ne resteront pas impunis. « Nous allons creuser sur ces faits de corruption », dit-elle avant de rappeler que c’est une enquête qui est en cours et peut être étendue.

Burkina 24

Rédaction B24

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Il y a 2 commentaires

  1. Justice,lumière sur tous les actes frauduleux sur qui que ce soit car nul n’est au dessus de la loi.Merci aux autorités du pays mais reconnaissez que la vie chère s’accroît,diminué les prix des denrées alimentaires.

  2. De grâce cette représentation de nôtre Palais de Justice, ne nous honore guère; de grâce vivement que cela change.Au pays des hommes intègre, la justice invoquer par tous nos veux; est une justice propre transparente.cette représentation n’augure rien en cela .j’ais eu un choc en voyant cela d’ou ma réaction a chaud .excusez moi du terme, mais cette image ma évoquer un vielle abattoir en voie de fermeture. De grâce encore une foi, combien de million pour refaire cette façade, qui se veut le miroir de notre justice .En toute intégrité, merci .

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