On a retrouvé le premier buteur du Burkina à une CAN

Burkina 24 a retrouvé le premier buteur de la Haute Volta, aujourd’hui Burkina Faso, à une Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Il s’agit de Hubert Hien,  ancien joueur de l’ASFA Yennenga. Il a inscrit le premier but du Burkina en 1978 au Ghana face au Nigeria lors du premier match de la Haute-Volta à cette rencontre. Le tournoi remporté par le Ghana, pays hôte s’est joué du 5 au 16 mars de cette année-là.

Burkina 24 (B24) : Vous êtes le premier buteur du Burkina à la Coupe d’Afrique des Nations. Dites-nous comment cela s’est passé ?

Hubert Hien (H.H) : C’est une époque lointaine mais je me rappelle du contexte du match. C’était contre le Nigeria, notre première rencontre à la CAN 1978. Nous avons joué crânement notre chance. La préparation n’était pas bonne. On n’a presque pas eu de préparation. A l’époque, le Nigéria c’était le géant du football en Afrique. Ils nous menaient 2 à 0. Moi j’ai pu réduire la marque. Ensuite, Koita Mamadou dit sorcier a égalisé. C’est par la suite qu’on a pris deux buts et on a perdu 4 à 2.

B24 : Comment est-ce vous avez marqué ce but ?

H.H : Le dernier défenseur avait la balle. Je suis parti pour l’attaquer. Il a voulu me dribbler. J’ai récupéré le ballon et je suis parti tout droit sur le gardien. C’est Okpara (à ne pas confondre avec l’ancien joueur du PSG Godwin Okpara). Vous ne l’avez pas connu. C’est un gardien grand, large. Il est sorti. Je suis arrivé. Je n’ai pas tiré de loin parce que si vous tirez de loin, vous ne pouvez pas le battre. Je suis allé à deux trois mètres. Alors j’ai attendu quand il a pris le pied d’appui j’ai glissé la balle à droite. C’était le but. Voilà !

B24 : Pourquoi dites-vous que la préparation a été difficile ?

H.H : Le Burkina a été repêché parce que la Côte d’Ivoire avait désisté. La préparation, ce n’est pas comme aujourd’hui. Actuellement, on prend plus de temps. Les joueurs sont dans de bonnes conditions. Si vous voyez que l’équipe nationale marche, c’est parce qu’on s’occupe bien d’elle. A l’époque, le football n’intéressait pas les dirigeants. Nous nous sommes entraînés sur un terrain situé au niveau de l’immeuble actuel de la BCEAO. C’est une seule salle pour nous. On était parqué comme au camp militaire.

Pour tous les matchs que nous avons joués pendant la CAN, c’était 25 000 F CFA. 25 000 F CFA pour toute la compétition. Aujourd’hui, les joueurs se retrouvent avec 10  millions, 15 millions de F CFA.  C’est évident que les choses ont évolué et les joueurs donnent le meilleur d’eux mêmes pour faire marcher les choses.

Aujourd’hui, les joueurs doivent faire en sorte que le championnat soit intéressant. Sinon, ce qu’ils gagnent aujourd’hui n’est pas évident. Quand vous touchez 75 000 F CFA, vous devez payer le loyer, l’eau, l’électricité. Il n’y a rien qui reste. Il n’y a pas de retraite (…).

B24 : Après le Nigeria, c’était la Zambie. Comment ces matchs se sont passés ?

H.H : Oui. On a joué contre la Zambie et le Ghana. J’ai joué tous les trois matchs. On a perdu 2 à 0 contre le Liberia. Le dernier match était difficile parce qu’on n’avait pas de préparation. Il y avait les Abdou Razack. C’était la grosse équipe. On a perdu 3 à 0. C’est d’ailleurs le Ghana qui a remporté la compétition à domicile contre le Nigeria. Donc vous voyez qu’on était dans un groupe difficile.

B24 : Vous avez aussi disputé les demi-finales de la Ligue africaine des champions avec le Kadiogo

H.H : Oui. On a joué les demi-finales de la Ligue des Champions avec le Kadiogo puisque j’étais le capitaine tout comme je l’étais à l’ASFA Yennenga. On a joué contre le Zamalek en quart de finale. Ils nous ont battus 2 à 1 en Egypte.

Au match retour, on les a battus 1 à 0 Ouagadougou. Comme le but marqué à l’extérieur compte double, on s’est qualifié. En demi-finale, on était face au Horoya. Nous les avions battus 2 à 1 à Ouagadougou. Au match retour, les gens disent que le temps était épuisé depuis longtemps surtout que nous avions joué dans le noir. C’est ainsi qu’ils nous ont marqué le seul but. On a été éliminé donc en demi-finale.

Propos recueillis par Boukari OUEDRAOGO

Burkina24



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