Education au Burkina : 17 785 logements de maîtres gérés désormais par les communes

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Au Burkina Faso, le slogan « Un maître un logement » semble depuis un certain temps battu en brèche. Avec notamment la revalorisation progressive des indemnités, les enseignants renoncent de plus en plus aux logements administratifs au profit de l’indemnité indexée. Les autorités burkinabè, dans le souci de rapprocher les enseignants des écoles pour une meilleure qualité éducative, ont procédé ce 5 mai 2017 à Ouagadougou à la signature d’une convention de rétrocession de 17.785 logements aux Communes.

Conscients que le logement du maître constitue son second bureau et que la qualité de l’enseignement en dépend, le Ministère de l’éducation nationale (MENA) et ceux en charge de l’administration territoriale (MATD) et de l’économie (MINEFID) ont pensé à la mise en bail desdits logements aux coûts étudiés par les Communes afin d’améliorer le taux d’occupation des bâtiments administratifs.

Les différents acteurs ont organisé une cérémonie officielle de rétrocession des logements administratifs aux collectivités territoriales. Au total, 17.785 « logements de maîtres » sont concernés. Etaient présents lors de la cérémonie de signature de convention, notamment le Gouverneur de la région du Centre, le Maire de Ouagadougou représentant l’Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF), les ministres de l’éducation nationale et de l’administration territoriale.

Les ministres de l’administration territoriale et de l’éducation nationale.

« Notre pays est engagé dans un processus de décentralisation totale de longue date. Et il fallait accompagner le transfert de compétences par le transfert des ressources nécessaires pour amener adéquatement ces compétences. Ce que nous avons fait aujourd’hui, c’est le transfert des logements de maîtres aux collectivités territoriales afin qu’elles puissent les louer aux bons prix, aux prix adéquats aux enseignants pour les occuper. Parce que nous avons eu quelques difficultés d’occupation de ces logements du fait de nos textes », a expliqué Jean Martin Coulibaly, ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation.

Priorité toujours aux enseignants…

Il a ajouté que lorsqu’administrativement un enseignant est logé, il ne peut plus prétendre à l’indemnité de logement. Et qu’aujourd’hui, du fait de la revalorisation de l’indemnité de logement, beaucoup d’enseignants estimaient que le logement qui leur était offert dans une localité n’avait pas la valeur locative de l’indemnité dont ils étaient privés.

« La solution la plus adéquate que nous avons trouvée, du moment que l’éducation est une compétence transférée aux Communes, il était bon que nous puissions transférer également ces infrastructures aux Communes qui vont se charger donc, en fonction de la valeur locative sur la localité, de les mettre à la disposition prioritairement des enseignants », a-t-il dit.

Le Maire de Ouagadougou et le Gouverneur de la région du Centre.

Il ne s’agit pas pour les Communes, a-t-il poursuivi, d’entrer en possession de ce patrimoine et de commencer à les louer à tout-va. La priorité, selon le ministre, reste acquise aux enseignants parce que ces infrastructures sont dans les domaines scolaires et permettent de rapprocher l’enseignant de son lieu de travail pour une meilleure qualité d’éducation.

Pour le Maire de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, ce transfert appelle de la part des maires d’intégrer ce patrimoine dans leurs compétences de gestion sur le territoire où ils sont. « Nous allons donc prendre rapidement connaissance de ce patrimoine, voir dans quel état il est, afin de planifier sa gestion et ses affectations selon les besoins des enseignants », a-t-il confié.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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