Jazz à Ouaga 2017 : Projecteurs sur la problématique de la carrière professionnelle des artistes

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Dans sa dynamique de promotion de la musique au Burkina, l’association Jazz à Ouaga n’offre pas que des scènes aux artistes, mais aussi des formations. A l’occasion de cette 25è édition, le thème retenu porte sur «les étapes d’une carrière professionnelle dans l’industrie musicale ». Une trentaine d’artistes, producteurs et managers ont pu bénéficier de conseils et d’outils  pour une carrière professionnelle auprès d’experts.

Au Burkina Faso, un état des lieux fait cas d’éclosion de nouveaux talents et de sorties discographiques très importantes. 482 œuvres ont été enregistrées  entre mars 2016 et février 2017 selon des sources proches des « Kundé ».  Cependant, la musique fait encore face à un blocage dans son déploiement sur le plan international faute de professionnalisme.

Comment se faire une carrière professionnelle ?  Ceux qui ont le secret donnent les outils à leurs pairs.

« Une carrière professionnelle commence d’abord par une quête de soi », dit Blick Bassy, artiste musicien camerounais vivant en Europe et formateur.

« Moi j’ai toujours voulu faire la musique, c’est la raison pour laquelle j’ai eu la démarche de connaître mon métier afin de mieux  m’imprégner des réalités », explique-t-il.

Pour lui, il est essentiel de connaître les différents métiers qui gravitent autour de l’artiste musicien et les différents rapports entre ces métiers.

« Je considère qu’un artiste est un entrepreneur, et chaque entrepreneur  a un projet », dit-il. Pour cela, il doit faire une étude de  marché pour comprendre l’environnement, connaître les outils de base et les différentes étapes avant de se lancer.

Cependant, le Camerounais fait remarquer qu’aujourd’hui Internet met à la disposition des artistes tous les moyens pour s’auto-développer.

 

Blick Bassy, artiste camerounais, formateur

Pour le formateur,  un artiste peut se produire tout seul.  Il lui suffit d’avoir un ordinateur  ou un smartphone. “Ce qui est génial, si la télé ne te veut pas , tu peux créer ta chaîne sur youtube. Si la radio ne te veut pas, il y a  soundcloud, les réseaux sociaux qui te permettent de t’auto-développer», conseille-t-il.

C’est en cela que le « do it yourself », savoir ce qu’on est soi-même capable de faire, est important en son sens.

« A partir du moment où les éléments sont à notre disposition, pourquoi aller chercher quelqu’un qu’il faudra payer alors  qu’on n’a pas d’argent ?  Pourquoi le producteur s’intéresserait-il à toi  alors qu’il sait que les disques ne se vendent plus ? », s’est-il interrogé.

Il poursuit plus loin : « Moi-même en tant qu’artiste aujourd’hui je n’écoute pas de CD, j’écoute la musique sur mon téléphone. Pourquoi demander à ceux qui la consomment d’aller acheter un CD ? Moi-même, je n’en achète pas. Qu’on soit content ou pas, c’est la société qui a changé et c’est à nous de nous adapter et d’aller chercher des idées parce que les outils sont à notre disposition ».

Son séjour au Burkina et les échanges avec des artistes lui ont  fait dire qu’il y a un environnement  assez dynamique et favorable à l’éclosion d’une bonne industrie musicale. Il revient aux artistes burkinabè de connaître leurs réalités de leur métier et décider de les restructurer.

La formation qui a duré du 2 au 5 mai 2017 a connu précédemment l’intervention de plusieurs autres acteurs nationaux notamment Smockey, Bil Aka Kora et l’Association des managers du Burkina pour édifier les participants.

C’est très édifiés et avertis, que les différents participants disent quitter cette formation et l’ensemble des artistes n’a pu s’abstenir d’improviser une chanson pour remercier leur formateur et les organisateurs. Ils repartent tous avec un parchemin attestant de leur participation à la formation.

Revelyn SOME

Burkina24

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