Jazz à Ouaga: C’est dur, mais il reste debout !

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La 25ème édition de Jazz à Ouaga a refermé ses portes le samedi 6 mai 2017.  Ce jubilé d’argent a été célébré avec de grands noms d’artistes. Un âge de maturité disait le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé.  Mais 25 ans après,  cette musique reste toujours élitiste malgré le bon vouloir des organisateurs de la rapprocher de la population.

L’on se plaît à dire que le jazz est parti des côtes africaines avant d’y revenir après un détour sur d’autres continents. Cependant, les évènements qui s’organisent autour de cette musique ont du mal à se rendre populaires.

Les multiples efforts du comité d’organisation  de Jazz à Ouaga sont à louer mais l’évènement n’accroche pas encore fortement les jeunes, surtout burkinabè. La preuve, Jazzschool dont l’idée est d’amener le jazz vers les scolaires, n’a pas mobilisé assez d’élèves.

Si les concerts à l’institut français refusent souvent du monde à la tête du groupe programmé, on ne peut pas en dire autant des concerts délocalisés dans d’autres espaces.

La composition du public, du reste,  en dit long. Il est essentiellement constitué d’expatriés, des composantes du monde des arts ou de fonctionnaires.

A Jazz performances, un concours pour intéresser les artistes au jazz,  si le nombre d’inscrits augmente d’édition en édition, les compositions musicales proposées donnent cependant la preuve que cette musique n’est pas le domaine de prédilection des artistes. D’où la recommandation du jury de la 25è édition au comité d’organisation de faire des séances de coaching des groupes retenus pour élever le niveau.

Des élèves à Jazzschool

Le jazz  évolue et s’ouvre à d’autres  musiques.  C’est l’exemple du groupe Franco-burkinabè Sabwana orchestra qui remporté le saxo d’or à Jazz à Ouaga. Créé en 2014, il a su teinter le jazz des rythmiques boisées du balafon, des percussions pour proposer un répertoire musical original inspiré de l’afro-jazz, de répertoire traditionnel Dioula et d’autres musiques traditionnelles et actuelles d’Afrique. Il est suivi du groupe Sydyr, qui s’en sort avec le saxo d’argent, devant le groupe d’étudiants « Jazzpel » qui excelle dans l’interprétation des classiques jazz qui est reparti avec le saxo d’argent. 

Néanmoins et malgré tout, le jazz a sa place dans le paysage culturel burkinabè. De beaux jours sont à espérer au vu de l’engouement des jeunes artistes instrumentalistes qui n’hésitent pas à demander des séances avec les artistes invités. Jazz à Ouaga quant à lui reste l’un des évènements culturels qui résistent au temps et ce, grâce aux efforts du comité d’organisation qui trouve à chaque édition des stratégies pour intéresser davantage la population.

Pour cette année, il a été enregistré 15 groupes sur les scènes officielles du CENASA et de l’institut français, 21 groupes au village du Jazz à la Place de la révolution et 5 dans le cadre de jazz school à l’école nationale de la police et au Musée national, ainsi que des tournées dans d’autres villes du pays.

La 25è édition referme ses portes du reste avec une note de satisfaction. Le comité a tenu toutes ses promesses d’offrir des spectacles à la hauteur de ce jubilé et son public lui est resté fidèle.  Si les artistes Bill Aka Kora et Joss Stone, du premier soir, ont donné l’envie de revenir tous les autres soirs, les derniers eux ont suscité l’envie de prolonger le spectacle.

Chill, un groupe composé de Burkinabè, Togolais et Américains  a fait voyager son public entre les grands classiques de Charlie Parker, Miles Devis, Horace Silver. Invité par la suite par le grand batteur,  l’Ivoirien Paco Séry, pour partager la scène, ils offrent le spectacle qui termine la soirée  en beauté.

Revelyn SOME

Burkina24

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