Sécurité : Simon Compaoré « soigne le moral des hommes » dans le Centre-Sud

555 0

Les Commissariats de police et les Brigades de gendarmerie longeant la route nationale n°5 ont reçu la visite du ministre d’Etat, ministre de la sécurité, Simon Compaoré, le jeudi 1er juin 2017. Accompagné du nouveau directeur de la Police nationale, Jean Bosco Kiénou, et d’un représentant du chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale, le ministre de sécurité a rencontré les Hommes sur le terrain, question pour lui, de leur « témoigner les encouragements du gouvernement » et prendre la mesure des conditions de travail.

De Koubri à Dakola en passant par Kombissiri, Toécé, Nobéré et Pô, les gendarmes et policiers ont, sans tabou, dépeint leur conditions de vie et surtout de travail au ministre de la sécurité. Les plus grandes difficultés énoncées lors de ce voyage concernent essentiellement les conditions de travail.

Des différents commissariats et brigades visités, seul le commissariat central de Police de Kombissiri a une clôture. Et là encore, explique, la directrice provinciale de la Police du nationale du Bazega, Minata Konate/Traoré, le commissariat est le don d’un fils de la localité.

Le ministre de la sécurité a donné ordre à ses services, notamment celui en charge des finances, d’inclure dans les plans, la construction des clôtures au profit de tous les sites visités. Particulièrement à Koubri où la délégation a fait escale à 5h du matin, avec une dose d’humour, le ministre a soufflé au maire de demander l’appui des « grands » de la ville pour clôturer le commissariat. Ce qui a réjoui l’Officier de Police Ouédraogo Hermann, qui confie que les latrines du commissariat ont été offertes par la mairie.

Un ordinateur offert à la Police à Nobéré – © Burkina 24

Autres difficultés évoquées, c’est le manque de matériels roulants, pratiquement inexistants sur certains sites, le manque de consommables bureautiques, le manque de carburant, le manque d’électricité et la vétusté des locaux.

C’est le cas de la Brigade territoriale de gendarmerie de Pô qui occupe « un bâtiment colonial » avec 12 hommes. Au commissariat de police de district de Toécé, ce sont les agents qui, avec des cotisations mensuelles règlent les factures d’eau et d’électricité. Le local abritant le commissariat appartient à la mairie, selon les agents, mais la police a un terrain non construit. A Nobéré, le Commissaire Bonaventure Gandema confie que pour travailler, « (il) utilise (son) propre ordinateur ».

Simon Compaoré, lors des différentes escales, a écouté religieusement les hommes de tenue. Calepin en main, il prenait note. Le ministre de la sécurité a jugé « justifiées » la quasi-totalité des requêtes. « Nous allons faire notre part », a-t-il indiqué. Pour sa part, le ministre a souhaité qu’il y ait « beaucoup de cohésion et de discipline » entre les hommes. Pour les sites à moindre effectif, il a intimé, séance tenante et devant tous, au directeur de la Police nationale, Jean Bosco Kiénou, et au représentant du chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale de prendre les dispositions pour y remédier.

Malgré la vétusté des moyens, sur le terrain, les forces de sécurité ont confié que leur moral n’est pas entamé. Le ministre de la sécurité a aussi fait son geste en cette faveur. Dans tous les commissariats et brigades, le ministre a offert des cartons de sucre et des enveloppes (une pour le carburant et une autre en argent liquide allant jusqu’à 200.000F CFA), mais précise-t-il, « ce n’est pas de la corruption », mais « pour soigner le moral de la troupe ». Aussi, certains ont reçu des ordinateurs.

Ce véhicule volé en France a été retrouvé par des policiers burkinabè à la frontière avec le Ghana – © Burkina 24

La dernière localité à recevoir le ministre d’Etat a été Dakola qui fait frontière avec le Ghana. Et c’est le poste de Police frontalière de Dakola qui a été visité. Ce poste frontalier est dirigé par le commissaire Dieudonné Ouédraogo. Il compte 33 éléments pour des moyens roulants composés d’un véhicule et de trois motos dont deux en mauvais état. Le personnel a sollicité plus de moyens (moyens roulants, caméras de surveillance et des hommes) pour mieux assurer sa mission, la sécurisation de la frontière par le contrôle de la migration.

Au niveau de ce poste, une innovation a été présentée à la délégation. Le ministre a insisté pour que la presse y jette un œil. Il s’agit d’un système biométrique qui permet l’enregistrement des personnes et des véhicules qui passent la frontière. Ce système permet la prise des empreintes digitales et des photos. Avec ce système, le commissaire Ouédraogo a présenté un véhicule volé en France, mais retrouvé et identifié par les policiers burkinabè.

Arrivé à la frontière, le ministre de la sécurité a fait un bond de l’autre côté pour « saluer » les policiers du Ghana. Après ces échanges, cap a été mis pour Ouagadougou dans la soirée.

Simon Compaoré visite le service immigration de Paga au Ghana – © Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *