Loumbila : Le maire, ses détracteurs et le “tribunal populaire”

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Ils se sont dit la vérité le mercredi 7 juin dans la commune de Loumbila située à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, la capitale politique burkinabè. Le maire, ses détracteurs et les militants de base du Mouvement du peuple et le progrès (MPP) étaient tous dans la même salle sous la convocation de la sous-section MPP de Loumbila. Objectif, « se parler clairement » pour dissiper les malentendus.

Depuis des semaines, une crise prévaut au Conseil municipal de la Commune de Loumbila où, des conseillers du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) soutenus par ceux du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ont attenté des actions d’éviction du secrétaire général de la mairie, puis le maire lui-même, Paul Taryam Ilboudo.

Paul Sawadogo, président de la commission aménagement et gestion du foncier et signataire – © Burkina 24

Après des négociations âprement menées par des autorités administratives, Simon Compaoré, le  ministre de la sécurité du Burkina, a fait le déplacement dans cette commune, au nom du parti au pouvoir, le MPP, pour aplanir les dissensions. Mais rien n’y fit. La sous-section du parti a alors organisé une rencontre regroupant les frondeurs (issus du parti) et la population, rencontre à laquelle Burkina 24 a participé le mercredi 7 juin 2017 à Loumbila. De 14h à 18h, parole a été donnée à qui la veut la prendre, et beaucoup en avait gros sur le cœur.

Les « problèmes » du maire de Loumbila ont été révélés au grand jour lorsque, le 21 mai 2017, le maire, Paul Taryam Ilboudo a reporté la tenue d’un Conseil municipal parce qu’il sentait que « la tension montait ». Le 1er adjoint au maire accompagné d’une cinquante de conseillers a reconduit la rencontre le lendemain sans l’avis du maire, et à la base de ce méli-mélo, des soupçons de détournements de fonds contre le secrétaire général de la mairie.

Jean-Baptiste Bouéma, a appelé les uns et les autres au calme – © Burkina 24

15 conseillers MPP sur 37, soutenus par 25 conseillers du CDP ont d’abord, selon les explications données, récolté des signatures (d’abord sous forme de pétition) pour demander son éviction.

Le maire, selon ses dires, a demandé des preuves des détournements avant d’en faire part aux autorités compétentes.

Paul Sawadogo, président de la commission aménagement et gestion du foncier et signataire, explique qu’il y a eu détournement de fonds qui était destiné à sa commission. « Non » rétorque le maire. C’était destiné plutôt au service foncier rural composé de techniciens et non de conseillers.

Lorsque la pétition s’est transformée en motion  de défiance, 10 des signataires dont Ablassé Kaboré, conseiller de Lallé, ont affirmé n’être pas porteurs d’une motion à l’encontre du maire, mais adhéraient à l’éviction du secrétaire général de la mairie. Ils ont ainsi lâché les 5 restants.

Aussi, d’autres griefs ont été faits. Dans la vidéo qui suit, le maire de Loumbila Paul Taryam Ilboudo les énumère et s’explique :

Vidéo – Paul Taryam Ilboudo : « Pour l’amour de Dieu, qu’on me dise ce que j’ai volé »

Burkina 24

Le Secrétaire général de la sous-section MPP de Loumbila (à différencier de celui de la mairie), Jean-Baptiste Bouéma, a appelé les uns et les autres au calme. Cette rencontre, selon lui, avait pour objectif de mettre tout le monde sur le même niveau d’information et d’aplanir les problèmes. « Les problèmes nés, viennent d’une certaine incompréhension par rapport à ce que chacun, en tant que conseiller doit faire comme travail au sein de la mairie. Ensemble, nous nous sommes compris », dit-il.

Les militants MPP qui ont fait le placement à la maison des jeunes de Loumbila ont, dans leur quasi-totalité, relevé que les accusations adressées à l’encontre du maire ne sont que prétextes. Pour eux, il y a des non-dits. Malgré tout, ils ont qualifié de « honteux » ce qui s’est passé dans cette commune.  

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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