Agressions d’agents de santé : La réaction de l’OBQUASS

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Ceci est la déclaration de l’Observatoire burkinabè pour la qualité et la securité des soins (OBQUASS) sur les agressions dont sont victimes les agents de santé.

Le système de santé au Burkina Faso fait face à une dégradation de plus en plus marquée de la relation soignant-soigné de telle sorte que de nos jours des agents de santé font l’objet de manière recurrente d’agressions verbales et/ou physiques.

Ces actes qui autrefois étaient de l’imaginaire des usagers du système de santé  deviennent de plus en plus réels et reccurents. En effet, après l’agression dont ont étés victimes les agents de santé au Centre Hopsitalier Universitaire Sanou Souro le 23 MAI 2017 ayant prévalu à 24 d’arrêt total de travail dans ce dit établissement, c’est au tour de ceux du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo de subir ces aggressions. 

Au total ce sont plus de 10 actes  d’agressions physiques qui ont étés recensés depuis 2016. L’on se souviendra que de part le passée des actes similaires ont dans certains cas conduit à la mise à feu des centres de santé (cas de la maternité SYLLA SANON à Bobo Dioulasso en 2011).

L’OBSERVATOIRE BURKINABE POUR LA QUALITE ET LA SECURITE DES SOINS s’indigne contre ces pratiques qui mettent  encore à mal la dispensation des soins de santé dans nos hopitaux et compromet du coup leurs qualités. Elle rappel aux populations que de tels agissements nous éloignent tous d’un objectif commun qu’est l’accès aux soins de santé de qualité garanti par notre constitution.

Dans cette crise de l’hopital Burkinabé, l’OBQUASS  s’interroge sur les facteurs explicatifs qui pourraient être à l’origine de la dégradation de la relation soignant-soigné.

Tout d’abord l’OBQUASS fait remarquer que la violence vécue aujourd’hui dans nos centres de santé est la conséquence de la décadence de notre système de santé miné par un certain nombre de problèmes connus de tous :

  • Conditions souvent inhumaines d’acceuil des patients ;
  • Qualité souvent médiocre de la communication soignant-soigné ;
  • Insuffisance du plateau technique ;
  • Ruptures intempestifs d’intrants  dues à une mauvaise planification ;
  • Absence d’un système de prise en charge gratuit ou subventionné des urgences ;
  • Absence ou la non conformité des kits de prise en charge au niveau des services des urgences ;
  • Etc

Tous ces maux trouvent leur fondement dans l’absence d’une politique réelle de management de la qualité et de la securité des soins au niveau des établissements de santé. En effet dans bon nombre d’établissements de santé le management de la qualité et de la securité des soins se resumerait à des activités de lutte contre les infections nosocomiales qui ne constituent qu’une partie d’un plan de management de la qualité et de la securité des soins.

Aussi l’opinion tend souvent à rejeter la responsabilité sur les agents de santé qui seraient à l’origine de tous ces maux même si leurs responsabilités n’est pas souvent eccarté. Il en resulte souvent des violences verbales ou physiques en l’encontre de ces agents qui consitutuent la première ligne de contact avec les usagers des services de santé.

L’OBQUASS interpelle ici  l’Etat quant à sa responsabilité de garantir à chaque Burkinabe des soins sécurisés et de qualités mais également de garantir aux agents de santé un environnement sain et sécurisé de travail. Cela passe forcement par une réfonte globale de notre système de santé, en mettant la priorité sur l’hôpital publique et en rendant éffectives les politiques de rehaussement du niveau d’équipement des centres de santé et la culture du  management de la qualité et de la securité des soins au niveau des établissements de santé.

Aux responsables des établissements de santé et aux agents de santé, l’OBQUASS les exhorte à mettre davantage un accent sur la qualité de l’acceuil et de la communication avec les patients et/ou leurs accompagnants gage d’une meilleure relation soignant-soigné. C’est à ce prix qu’ils pourrons impacter davantage l’état psychologique des malades, car comme le dit Alain Froment : « Les soins qui portent sur le corps-objet sans tenir compte du moi du soigné ignorent le lieu où se noue la souffrance ».

Aux populations l’OBQUASS tout en comprenant les souffrances qu’elles endurent dans nos hôpitaux , leurs demande de prendre en compte les conditions difficiles de pratique de la medecine au Burkina  Faso tout en privilégiant la saisine des autorités compétentes en cas de non satisfaction des services offerts par ces établissements de santé. En proçedant ainsi , elles pourraient faire prendre conscience à toutes les parties (Gouvernement, Responsables des hôpitaux, agents de santé et utilisateurs du système de santé) leurs responsabilités lors des sinistres.

Fait à OUAGADOUGOU LE 12 MAI 2017.

Le Bureau Exécutif



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