Foncier rural : L’apurement du passif fait des gorges chaudes

629 0

La Coalition des associations pour la défense du droit au logement (CADDL) donne de la voix. Après la mise en place de la Commission interministérielle pour le processus d’apurement du passif du foncier urbain, la CADDL dénonce des velléités de certains maires d’arrondissement de vouloir « placer leurs hommes de main, ce qui leur garantirait la latitude de faire passer les mesures favorisant leurs intérêts ».

Regroupant des Organisations de la société civile engagées dans la lutte pour le droit au logement, la Coalition des associations pour la défense du droit au logement (CADDL), par la voix de son secrétaire général, Pama Nébié, a dénoncé la mise à l’écart des associations dans la formation des commissions ad’hoc dans les communes. Ces commissions ont pour mission, d’apurer le passif du foncier urbain.

La « prédation » par l’aménagement de cimetières et de dons de corbillards

Selon les cas donnés par ses soins, à l’arrondissement 6 de Ouagadougou, « le maire a choisi lui-même ses trois représentants dans la discrétion totale », relate Pama Nébié qui estime que le choix des représentants devait se faire « par des procédés démocratiques ». Et le tout, à en croire la Coalition, elle ne réclame pas une parcelle pour chaque Burkinabè, mais « que chaque Burkinabè puisse être logé décemment ». Ainsi, elle propose la construction de logements sociaux, « vraiment sociale», insiste  Pama Nébié.

Outre cet aspect des choses, la Coalition des associations pour la défense du droit au logement (CADDL) a également dénoncé « la prédation foncière », mise en œuvre, selon elle, par des sociétés immobilières qui masquent leur « prédation » par des dons de vivres, l’aménagement de cimetières et de dons de corbillards.

La Coalition des associations pour la défense du droit au logement (CADDL) appelle par conséquent les victimes « de l’injustice dans les opérations de lotissement de Ouagadougou et celles vivant dans les zones non loties à rester vigilantes » et exige que ses revendications soient prises en compte. A ce titre, elle demande la mise aux arrêts et au jugement de toutes les personnes impliquées dans les deals de parcelles.

La RAF fait « la part belle aux sociétés immobilières et aux riches »

Aussi, elle exige le retrait des parcelles détournées ou spoliées et leur réattribution aux populations « injustement brimées », l’arrêt des projets de construction des bidonvilles et la construction par l’Etat, de logements sociaux accessibles à la majorité des populations. Pour ce point, selon Pama Nébié, Bissighin (sortie Nord de Ouagadougou, ndlr) est un exemple de bidonville et dit-il, « ce n’est pas responsable de la part d’un Etat (…) nous n’en voulons pas ».

La dernière revendication de la Coalition est l’abrogation de la RAF de 2012 (Réforme agraire et foncière). A écouter Pama Nébié, la RAF fait « la part belle aux sociétés immobilières et aux riches » en matière d’accès aux terres et remet en cause les droits des résidents et des populations propriétaires terriennes dans l’accès aux terres agricoles et aux parcelles d’habitations.

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

Article similaire

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *