Burkina : Lancement d’un programme triennal contre le diabète

La situation du diabète n’est pas reluisante au Burkina, contrairement au taux officiel (4,9%) présenté.  L’ONG Santé Diabète tire la sonnette d’alarme, et présente son programme triennal 2017-2019 de lutte de la maladie. Des projets de sensibilisation et de prise en charge des malades sont au programme afin de proposer une approche de construction d’une politique nationale «ambitieuse » de lutte contre le diabète. La cérémonie de lancement a eu lieu  ce vendredi 30 juin 2017 à Ouagadougou.

Le taux  de prévalence du diabète est estimé à 4,9%  au Burkina. Cependant, la réalité prouve le contraire, selon les dires de Inoussa Sawadogo, chef de projet prévention, appui à la société civile à l’ONG Santé Diabète.

« Le travail sur le terrain nous prouve que le taux est totalement sous-estimé. Il va falloir le revoir. Lors de nos séances de dépistage, sur environ 7 300 personnes dépistées, nous nous sommes retrouvés avec environ 360 personnes qui présentaient déjà  une hyperglycémie. Quand on fait le ratio, on voit que le taux est sous-estimé », explique-t-il.

Plus récemment, poursuit-il, « au cours du 1er trimestre 2017,  les formations sanitaires au Burkina  ont enregistré 3600 personnes vivants avec le diabète dépistées ».

Ces chiffres ne montrent d’ailleurs pour lui, qu’une partie de l’iceberg car « il y a ceux qui ne vont pas dans une formation sanitaire. Il y a ceux qui sont dépistés tardivement ».

Le mal gagne du terrain et l’ONG « Santé Diabète » plaide pour le renforcement des actions de prévention, de prise en charge de ces patients, la disponibilité des soins de qualité et leur accessibilité au niveau national et le renforcement des capacités des agents de santé

Le second acte du nouveau programme triennal de l’ONG ratisse large en intégrant le dépistage et la prise en charge d’autres pathologies chroniques, notamment le VIH et la tuberculose chez les patients diabétiques.

Eviter le diabète

« Nous supportons le poids de certaines pathologies comme le VIH, la tuberculose. Si vous prenez ces patients qui sont pour la plupart des personnes âgées ( …), nous nous retrouvons avec des situations catastrophiques où un patient peut  se retrouver avec deux pathologies chroniques,  voire trois », dit-il.

Le ministère de la santé soutient l’ONG dans ses activités. A la cérémonie d’ouverture de l’atelier,  le représentant du ministre, Théophane Sissao, qui a rappelé que « le volet santé occupe une place de choix dans le Plan national de développement économique et social (PNDES)»,  a en effet mis l’accent sur les actions et le lobbying de l’organisation sur le terrain. Il a par ailleurs relevé qu’elle travaille depuis 2013 avec les services techniques du ministère. 

Théophane Sissao a indiqué que le lancement ce vendredi du programme triennal 2017-2019 intitulé «amélioration de la prévention et la prise en charge du diabète au Burkina Faso, au Mali, au Sénégal et aux Comores», qui compile plusieurs projets, contribuera à la mise en œuvre du PNDES, et par ricochet à lutter plus conséquemment contre cette maladie.

Le diabète est essentiellement une augmentation anormale du taux de sucre dans l’organisme, et Inoussa Sawadogo de dire que la «majeure partie de cas de diabète au Burkina, est due aux facteurs de risques modifiables». Il a conseillé, pour l’éviter, une activité physique adaptée, une alimentation contrôlée, moins salée, moins sucrée et moins grasse.

Revelyn SOME

Burkina24

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